LA VALEUR D’UN BRONZE : « SINGE MONTE SUR UN GNOU » DE A.-L. BARYE

Le propriétaire d’un curieux bronze signé Barye me soumet les photos ci-dessous, m’indiquant qu’il représenterait un singe à cheval sur un animal mythique, un « zèbracorne« . La terrasse (socle) du bronze mesure 25 cm de long x 25 cm de haut x 8,5 cm de profondeur.

Gnou 1.jpg

En réalité, cet animal est un gnou, mais comme nous le verrons plus bas on se demande bien si l’artiste n’a pas effectivement cherché à créer une espèce d’hybride entre un équidé et un gnou !

Ce bronze est répertorié dans le « Catalogue raisonné des bronzes de Barye » (MM.Poletti et Richarme – Gallimard) en page 121 sous le nom de « Singe monté sur un gnou« . Il est également présenté, à peu près avec les mêmes renseignements, dans d’autres ouvrages consacrés à Barye, comme « La Griffe et la Dent » (Musée du Louvre) ou encore « Untamed – The Art of AL Barye« (Johnston et Kelly).

Gnou 1 zoom.jpg

Etudions tout d’abord le thème ici traité. La monture est un gnou noir ou gnou à queue blanche, qui vit en Afrique du sud où il a failli disparaître, mais ses effectifs sont maintenant abondants et stabilisés. Le gnou noir est assez différent de son cousin bien connu, le gnou bleu, que l’on voit dans les documentaires migrer en immenses troupeaux du Kenya vers la Tanzanie et inversement : le gnou noir porte des cornes franchement tournées vers l’avant, une queue blanche, une crinière dressée comme celle d’un zèbre et une touffe de poils drus sur le chanfrein, détails que l’on retrouve bien (à l’exception de la couleur de la queue, bien entendu) sur le bronze de Barye.
Voici une photo d’un gnou noir prise au zoo de Sigean dans l’Aude.

P1090885 zoom.jpg

Il est étonnant que Barye ait sculpté un gnou car cet animal n’était pas présent à la Ménagerie du Jardin des plantes. Il l’a même fait à trois reprises : gnou seul (le même que celui monté par un singe, mais sans ce dernier), serpent étouffant un gnou et notre singe monté sur un gnou. Il s’agit toujours d’un gnou noir.

Pour ce qui est du singe, il s’agit d’un orang-outang, ce qui se vérifie notamment aux excroissances de chaque côté de la tête. On sait même que Barye s’est inspiré de Jack, jeune orang-outang de 10 mois pensionnaire de la Ménagerie en 1836-1837. Ce singe était apparemment un farceur connu et apprécié des Parisiens. A sa mort, il fut disséqué par Barye – il procéda ainsi à plusieurs dissections d’animaux du zoo, dont un ours et un lion – puis naturalisé et sous cet apparence il resta encore une mascotte.

Gnou 1 zoom2.jpg

Pourquoi avoir représenté un singe sur un gnou ? Barye s’est inspiré d’un dessin du peintre anglais Thomas Landseer (1795-1880), qui montre un orang-outang à cheval sur un gnou posant ses pattes avant sur un rocher en partie immergé. Barye a recopié ce dessin, aujourd’hui conservé au Musée du Petit-Palais à Paris. On pense aussi que Barye a voulu tourner en dérision la sculpture équestre classique. Il s’est d’ailleurs un peu écarté du dessin de Landseer, notamment en donnant une allure plus équine au gnou.

Passons maintenant à la réalisation technique. On ne connait pas la date de création du modèle mais, sur la base des dates ci-dessus mentionnées (dessin de Landseer, présence du singe au zoo, etc.), on pense qu’il date à peu près de 1837. En revanche, on connaît la date de sa première édition en bronze : 1840, par Barye lui-même, qui avait alors sa propre fonderie. Ce modèle a été édité, après la mort de Barye et la vente par sa veuve des chefs-modèles, par Brame et G.Lucas. Ce dernier était propriétaire du modèle et le faisait fondre par Gruet. Cette scène n’a jamais été éditée par Barbedienne, qui a pourtant édité la plupart des modèles de Barye (dont le gnou seul). Il est donc vain d’espérer voir la marque de Barbedienne sur ce modèle ! Le singe monté sur un gnou n’a pas été très apprécié : à l’époque de Barye, le nombre de bronzes vendu est faible (une cinquantaine) et le nombre de fontes posthumes serait du même ordre.

Gnou 4.jpg

On aura compris qu’il s’agit là d’une pièce intéressante car beaucoup moins courante que bon nombre de bronzes de Barye que l’on trouve en vente chaque semaine ou presque dans une salle des ventes. Reste à déterminer l’ancienneté de la pièce, qui conditionne sa valeur : une fonte très ancienne, autrement dit du vivant de Barye, vaut beaucoup plus cher qu’une fonte posthume, surtout si elle est un peu tardive.

Ce bronze ne porte apparemment pas de cachet de fondeur. Ce n’est donc pas une fonte d’époque car Barye apposait un cachet « BARYE » et un petit chiffre en plus de sa signature. Il s’agirait donc d’une fonte posthume. Peut-il s’agir d’une fonte très tardive voire d’un surmoulage, qui ne vaudrait donc pas grand-chose ? Je ne le pense pas : même si les détails ne sont pas aussi présents que sur un modèle du vivant de Barye, on en voit un certain nombre et ils révèlent une fonte très correcte. La patine est belle. De plus, le montage avec des grosses vis est typique des fontes fin XIXème (ou tout début XXème). Enfin, les dimensions indiquées sont bien celles référencées dans le Catalogue raisonné.

Gnou 3.jpg

Je pense donc qu’il s’agit d’une fonte posthume mais ancienne, de Brame ou Gruet. Seul un examen de la pièce en réalité permettrait d’en être certain mais c’est très probable.

Quelle valeur pour cette pièce ?

Elle a, comme tout bronze, des atouts et des défauts, vus plus haut. Ses atouts sont d’abord d’être de Barye, artiste de référence. De plus, il s’agit d’un sujet plutôt rare et d’une fonte de qualité. Ses « défauts » sont de n’être pas une fonte du vivant de Barye et de représenter un sujet difficile, moins plaisant qu’un éléphant, un fauve ou un cheval, ce qui est d’ailleurs la raison de son relatif échec à l’époque de Barye. Mais ses qualités l’emportent largement sur ses défauts !

Voici quelques résultats de vente aux enchères pour ce sujet :

– Paris en octobre 2011 chez Sotheby’s : estimé 20 000 à 30 000 Euros mais non adjugé. Ces chiffres ne sont pas représentatifs car il s’agissait en fait de la vente de la collection du très connu antiquaire Fabius. Le modèle présenté était certainement une fonte du vivant de Barye, comme la plupart des bronzes proposés à cette vente et comme l’estimation très élevée le montrerait. Quoi qu’il en soit, il n’a pas été vendu !
– Londres en mars 2009 chez Christie’s : estimé à l’équivalent de 8500 à 12500 Euros mais invendu.
– New York en décembre 2008 : adjugé à l’équivalent de 15000 Euros (très belles patines et ciselures)
– St Germain en Laye en septembre 2008 : adjugé à 12000 Euros
– St Paul les Dax en juin 2007 : adjugé à 11000 Euros

Gnou 1 zoom 3.jpg

Compte tenu des chiffres ci-dessus et de la tendance à la baisse des bronzes animaliers XIXème depuis environ 2 ans et encore plus depuis le début de l’année 2013 (tendance que l’on observe sur la plupart des antiquités notamment les meubles depuis plusieurs années d’ailleurs mais qui avait épargné jusqu’alors les bronzes), et sous réserve d’un examen de la pièce en réalité, je pense qu’en salle des ventes, ce bronze pourrait raisonnablement être estimé autour de 6000 à 7000 Euros. On a en effet observé qu’à 8500 Euros à Londres, en décembre 2008 (dernière vente où ce lot était proposé), il n’y a pas eu d’offre. Et depuis 2009, les prix ont baissé.

Vous possédez un bronze animalier et voulez en connaître histoire et estimation ? Envoyez-moi un mail avec les dimensions et des photos très nettes (vue d’ensemble, signature, marque éventuelle de fondeur, dessous du socle) à damiencolcombet@free.fr et je vous répondrai.

LA VALEUR D’UN BRONZE : « LIONNE ÉTENDUE SUR UN ROCHER » DE CH.VALTON

Madame Hélène H. possède une lionne en bronze posée sur un rocher et elle souhaite en connaître la valeur. Elle s’étonne de la signature, gravée en rouge sur la pierre et non sur le bronze lui-même, ce qui l’inquiète quant à l’authenticité de cette pièce.

Son fauve possède les dimensions suivantes : 23 cm de long x 12 cm de haut x 12 cm de profondeur.

P1100690.JPG

Ce bronze de Valton est très courant mais toujours très apprécié car l’attitude de la lionne est remarquable et la composition, alliant bronze et pierre, est très réussie. C’est un procédé que ce sculpteur a utilisé à plusieurs reprises, notamment pour une souris sur marbre blanc, un sanglier également sur marbre, et surtout pour le « Loup suivant une trace » bien connu, où l’on voit un loup en bronze marchant prudemment sur un socle en marbre blanc dans lequel apparaissent des traces d’homme.

P1100694.JPG

Charles Valton est né à Paris en 1851 et est mort à Chinon en 1918. Il fut élève de Barye et de Frémiet. Familier de la ménagerie du Jardin des Plantes depuis l’âge de 15 ans, il se révèle très doué et obtient plusieurs médailles et récompenses. Avec son maître Antoine-Louis Barye (1795-1875), il réalise un groupe intitulé « Les deux étalons« . Dans son Dictionnaire des sculpteurs animaliers, le Dr Hachet cite Valton évoquant cette sculpture : « Je peux témoigner que dans cette oeuvre nous avons tenu à respecter autant l’émotion et la sensibilité que la pureté des formes. Ce fut pour moi des moments de grande intensité que de côtoyer un talent immense, une main si sure et une modestie toujours bienveillante. »

P1100693.JPG

Valton a exposé très régulièrement au Salon et a travaillé aussi pour la Manufacture de Sèvres. Ses bronzes ne sont pas très courants en salle des ventes et sont généralement de très bonne qualité. Un certain nombre ont été fondus par Barbedienne, Siot-Decauville ou Collin. Pour être plus précis, quelques sculptures de Valton sont très courantes, telles que « La lionne blessée« , percée de flèches et qui se traîne sur ses antérieurs, ou le chien de garde « Passez au large ! », mais on voit plus rarement les autres, telles ce remarquable dromadaire couché ou ce lion rugissant.

P1060866.JPG

125.jpg

Revenons à notre lionne couchée. La posture du fauve est superbe : on l’imagine somnolant au soleil avec ses soeurs et brusquement réveillé par un bruit insolite. Est-ce  un impala qui s’approche ? une troupe d’éléphants qui le fera déguerpir ? un lion mâle qui s’avance ? La musculature est bien rendue, sans l’exagération d’un Delabrierre, et la lionne semble très naturelle, même plus que sur beaucoup de modèles de Barye. Le dessous des pattes, les oreilles, les plis du cou sont parfaitement modelés.

P1100691.JPG

La signature est curieusement gravée sur le granit et reprise à l’encre rouge. Le socle est vissé au métal. A la différence du bronze, coulé dans un moule, le socle en pierre doit être taillé spécialement pour chaque modèle. Il pourrait donc être très différent d’un exemplaire à l’autre. Or, il n’en est rien : sans être strictement identiques, les morceaux de granit, parfois plus ou moins clairs, sont à peu près toujours du même gabarit.

P1100695.JPG

On aura compris que le modèle de Madame H. n’est pas une copie mais un bon exemplaire. Il possède une belle patine marron avec des nuances de rouge et de noir. C’est même un bronze très beau, pour le choix original du sujet et la qualité de sa réalisation.

P1100688.JPG

Malgré tout, les résultats de ce modèle en salle des ventes ne sont pas très élevés :

– Mars 2013 à Paris : estimé 800 à 1000 € mais invendu.

– Août 2012 à Deauville : estimé 1500 à 2000 € mais invendu.

– Déc. 2011 à Paris : adjugé 1250 €

Les quatre précédentes ventes ont vu cette lionne être adjugée entre 700 et 800 €.

Il faut donc bien admettre que la valeur, assez constante, de ce modèle tourne autour de 800 € alors qu’à mon sens, avec une belle patine, il mériterait de dépasser les 1000 €.

LA VALEUR D’UN BRONZE : « LE LIÈVRE ASSIS » DE G.GARDET

M. Vincent L. m’envoie des photos d’un lièvre assis, d’environ 12 cm et signé Gardet, sur lequel il a quelques doutes. Nous allons donc examiner ensemble ce bronze.

P1090775.JPG

Georges Gardet est né à Paris en 1863 et y est décédé en 1939. Fils de sculpteur, il fut élève du très grand Emmanuel Frémiet. On connaît surtout de lui ses fauves, dont le tigre et la tortue, les deux panthères se battant, un couple de tigres dans une attitude tendre, tout comme un lion et une lionne. Il fit un remarquable ours assis, la tête levée, semblant mendier une friandise.

Au parc Montsouris à Paris, on peut admirer « Drame au désert », où une panthère découvre avec fureur le serpent qui a tué ses petits. Exposé au Salon alors que l’artiste n’avait encore que 24 ans, cette scènel attira sur lui les louanges. Polyvalent, ce artiste sculpte égalemet dans la pierre, notamment le magnifique chien danois en marbre tacheté que l’on peut admirer au Musée des Beaux-Arts de Lyon, où il n’est malheureusement guère mis en valeur (photo ci-dessous).

P1100017.JPG

Gardet a réalisé de nombreuses oeuvres monumentales, présentes dans de nombreux musées français et étrangers, où il jouit d’une excellente réputation, à mon sens justifiée. Ses bronzes ont été édités par plusieurs fonderies dont Thiébaud, Barbedienne, Siot-Decauville, Valsuani, Colin. Certains modèles ont également été réalisés en biscuit de Sèvres.

Lièvre absence de ciselure 2.JPG

La patine du lièvre de notre internaute est assez jolie, avec ses teintes marron et noires, nuancées de doré qui est en fait le cuivre apparaissant en transparence. En revanche, sans être rédhibitoire à première vue, la ciselure semble assez pauvre, surtout quand on connaît le talent de Gardet. Le bout des pattes du lièvre, le poil du ventre ne sont pas très détaillés. A ce stade, on peut donc penser qu’il s’agit simplement d’une fonte tardive.

Lièvre absence de ciselure.JPG

Tout amateur de bronze commence par le retourner et regarder ce qui est son véritable pedigree : le dessous du socle. C’est là que l’on voir des vis, dont la forme et l’apparence sont riches d’enseignement. Le montage, parfois une marque de fondeur comme le fameux H des excellentes fontes de Brame) ou une inscription permettront de dater la pièce.

Lièvre dessous du socle.JPG

Le dessous du lièvre n’est pas exaltant : une couleur grisâtre, un aspect un peu trop lisse, trop propre, des coulures. C’est mauvais signe. Et l’examen des détails de la sculpture vont confirmer ce sentiment : le bord des oreilles est mal ébarbé et certaines parties présentent même des trous.

Lièvre oreilles mal ébarbées.JPG

Lièvre oreilles.JPG

On trouve généralement sur le socle une signature, théoriquement assez nette, et parfois une marque de fondeur sous la forme d’une inscription (Barbedienne Fondeur, par exemple, ou Susse, Rudier ou autre), d’une estampille (comme Barye, pour les fontes d’atelier) ou d’un cachet (Valsuani, Hebrard, Siot Decauville, etc.). Mais là, la signature est à peine visible, très faiblement gravée, et le cachet rond (à doite sur la photo ci-dessous) est illisible. De plus, il y a une goutte de bronze juste sous la queue (rond rouge du haut), ce qui n’est pas normal du tout.

Lièvre signature et coulure.JPG

Une ciselure très approximative, un dessous du socle trop propre, une signature à peine lisible, un cachet de fondeur illisible, des trous et un ébarbage mal fait : ce bronze est un surmoulage ou une copie malhabile. Un collectionneur ne s’y attardera pas : ce lièvre dont l’attitude est pourtant jolie n’a qu’une valeur décorative et à mon sens ne devrait pas être présenté en vente comme un bronze « de » mais au mieux comme « d’après » et idéalement comme « dans le style » ou « dans le goût » de Gardet. Il ne devrait donc pas être adjugé plus de 100 ou 150 Euros.

LA VALEUR D’UN BRONZE : « LE CHEVREUIL » DE C.MASSON

Pour se reposer un peu des discussions « philosophiques » sur l’art, la beauté, l’esthétique, discussions qui reprendront dans une prochaine note, voici un joli bronze appartenant à Monsieur C. de Lyon, et qui nous en envoie de belles photos.

Il s’agit du Chevreuil, de Clovis Masson.

P1100035.JPG

On ne sait pas beaucoup de choses sur Clovis Masson, si ce n’est qu’il est né  Paris en 1838 et est mort en 1913, qu’il fut élève de Barye père (Antoine-Louis) et de Rouillard (le sculpteur qui réalisa notamment le Cheval à la herse, devant le Musée d’Orsay à Paris), et qu’il participa régulièrement au Salon de 1867 à 1909. Il est aussi le père de Jules Edmond Masson (1871-1932), sculpteur et graveur en médailles qui connut lui aussi un certain succès.

P1100037.JPG

Clovis Masson réalisa de nombreux sujets, essentiellement des fauves et des cerfs. Comme beaucoup d’autres, dont Mêne, il fit un Combat de cerfs intéressant. Toutefois, toutes ses pièces ne sont pas d’égale qualité car il leur manque souvent un pu de nervosité, et en cela il se rapproche de Dubucand (1828-1894), qui aurait également été élève de Barye. On dit que l’illustre artiste n’était pas très bon professeur, incapable de transmettre son génie à ses élèves. C’est possible et effectivement, bien que les bronzes de bon nombre de sculpteurs soient remarquables, il manque à la plupart la nervosité sans affectation et le naturel des sujets de Barye.

P1100038.JPG

Le chevreuil de notre collectionneur fait clairement exception parmi les oeuvres de Masson : il est absolument superbe à tous points de vue. L’exactitude morphologique, la naturel de l’attitude, la finesse de la ciselure (il faut admirer le détail des bois, le poil, les sabots…), la réalisation de la fonte sont remarquables.

P1100031.JPG

Ce bronze mesure 26,5 cm de long, 29,5 cm de haut et 11 cm de profondeur. Le dessous du socle montre un montage ancien, ce qui ne fait que confirmer le sentiment laissé par la fonte parfaite.

P1100041.JPG

Le chevreuil est un mammifère ruminant de la famille des cervidés très courant en France, dans les bois et les champs proches des forêts. Un trajet en TGV ou en voiture sur autoroute un soir d’été permet à coup sûr d’en voir à la lisière des champs de blé et des les grandes plaines cultivées, parfois en très grand nombre. C’est certainement le plus élégant des hôtes de nos bois. C’est un animal assez petit, mesurant environ 70 cm au garrot et pesant entre 20 et 25 kg. Ses petits bois ramifiés tombent chaque année, comme ceux du cerf, de l’élan, du renne. La femelle s’appelle la chevrette mais est souvent surnommée chèvre.

P1100036.JPG

Le chevreuil n’a pas de queue et a les fesses couvertes de poils blancs : c’est « le miroir », dont la forme est différente sur le mâle ou la femelle. Il sert notamment de signal d’alerte : en cas de danger, l’animal hérisse les poils de son miroir. Le chevreuil aboie, toiut à fait comme un chien. On l’entend dans les bois ou les plaines au moment du rut. Une autre caractéristique amusante de cette jolie bête : les brosses. Il s’agit de touffes de poils sombre à l’arrière des membres postérieurs. On les devine, légèrement en relief, sur le bronze de Masson (photo ci-dessus).

P1100042.JPG

Quelle est la valeur de ce très joli bronze ? Il faut savoir que les modèles de Masson ne cotent généralement pas très haut : dans les résultats de vente aux enchères, presque tous se situent entre 500 et 800 Euros. Mais notre chevreuil fait semble-t-il exception à la règle car en général il est adjugé plus haut, ce qui est tout à fait justifié.

Il ne faut pas confondre ce modèle avec d’autres sujets de Masson comme le Brocard couché, évidemment (on appelle brocard un mâle adulte), mais également avec un autre Chevreuil debout, tout aussi joli et de taille analogue.

Voici quelques résultats :

– Paris févr. 2013 (notre version) : estimé 200 à 300 Euros et adjugé à 300 Euros.

– Paris avril 2012 (dans l’autre version) : adjugé 1200 Euros .

– Paris mai 2003 (notre version) : estimé 600 à 800 Euros mais adjugé à 1100 Euros.

– Soissons déc. 2000 (notre version, mais avec un socle en marbre blanc) : adjugé en francs à l’équivalent de 1700 Euros.

Le premier résultat, tout récent, est incompréhensible. Il est pourtant bien précisé qu’il s’agit d’une épreuve et la fonte est visiblement ancienne. Celui qui a obtenu cette pièce pour 300 Euros a fait une affaire formidable, comme cela arrive parfois en salle des ventes.

P1100044.JPG

Un exemplaire a été mis en vente le 29 mars à Paris (étude Gros Delettrez) avec mention « Epreuve d’après Masson » ; il s’agit apparemment d’une bonne fonte. Il est estimé entre 1000 et 1200 Euros et, à l’heure où j’écris cette note, je n’ai pas encore le résultat.

Je pense qu’un sujet aussi gracieux et aussi bien réalisé pourrait être estimé entre 1000 et 1500 Euros.

LA VALEUR D’UN BRONZE : « JAGUAR DÉVORANT UN LIÈVRE » DE A.-L. BARYE

Madame G. possède un beau et grand bronze de Barye, « un jaguar et un lièvre ». Cette internaute m’a d’abord envoyé, non pas des photos, mais un lien vers ceci, en me disant que son bronze ressemblait beaucoup à celui ainsi présenté, mais en 80 cm de long : http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000034249.html

Quelle chance pour cette personne si cela avait été vrai : la photo, prise au Musée du Louvre, montre un magnifique chef-modèle de Barye, qui dans le commerce vaudrait plusieurs dizaines de milliers d’Euros pour un modèle de 80 cm de long !

Je mentionne cette anecdote pour expliquer que chaque bronze est particulier : une forme générale ne peut être un critère de détermination de la valeur d’un bronze. La taille très précise, la qualité de la fonte, de la ciselure, le montage visible sous le bronze, la présence de la signature de l’artiste, éventuellement du fondeur sont indispensables pour distinguer une copie, une fonte tardive, une fonte ancienne, une fonte du vivant de l’artiste, un chef-modèle, les différences d’estimation entre ces variantes du même modèle étant considérables.

J’ai donc reçu par la suite les dimensions exactes du bronze (91 cm de long x 40 cm de haut x 36 cm de profondeur) et d’excellentes photos.

Jaguar et lièvre 3.JPG

Il s’agit bien sûr du « Jaguar dévorant un lièvre » de l’illustre Antoine-Louis Barye (1795-1875), dont j’ai abondamment parlé sur ce site. Ce modèle a été créé en 1850 et édité en bronze pour la première fois vers 1857. Ce sujet a d’abord été créé en 1,037 cm de long x 39,5 cm de haut x 38,6 cm de profondeur. J’avoue être un peu surpris par les 91 cm de long qui m’ont été donnés et qui ne correspondent pas. S’agit-il d’une erreur de mesure ? Je ne sais.
Ce modèle a subi deux réductions de la part du fondeur Ferdinand Barbedienne, l’une en 41,1 cm de long, l’autre en 25 cm de long. Barbedienne a acquis le chef-modèle de cette scène en 1876 et en tira le premier exemplaire en 1877.

Jaguar et lièvre 2.JPG

Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur ce sujet, pourtant très classique, dans le Catalogue raisonné des bronzes de Barye, ouvrage de référence (MM. Poletti et Richarme – UDB – Gallimard), mais davantage dans le beau « Untamed – The art of Antoine-Louis Barye » de Johnston et Kelly. Ils citent notamment l’accueil que reçut ce bronze lors qu’il fut montré pour la première fois.

Les auteurs expliquent que Barye est retourné au Salon en 1850 après en avoir été absent pendant 18 ans, et a montré cette année-là le Lapithe combattant un Centaure : il rencontra un vif succès. Mais quand 2 ans plus tard, Barye montra le modèle – en terre ou plâtre – du Jaguar dévorant un lièvre, l’accueil fut encore plus chaleureux.

Jaguar et lièvre 6.JPG

Voici ce qu’écrivit – de façon un peu confuse, je trouve… – Edmond de Goncourt à son propos :

« Il se fait en ce moment en sculpture le mouvement que nous avons signalé en peinture. L’école historique se meurt dans l’art qui fait palpable comme dans l’art qui fait visible. C’est le paysage qui la remplace en peinture ; ce sont les animaux qui la remplacent en sculpture. La nature succède à l’homme. C’est l’évolution de l’art moderne. »

Et quand ce modèle est apparu en bronze à l’Exposition universelle en 1855, Théophile Gautier la commenta ainsi : « C’est un poème que ce groupe, et un poème plein de significations sinistres : la force et la faiblesse, le bourreau et la victime, l’homme et la destinée. » Gautier parlera alors de Barye comme du « Michel Ange de la ménagerie », expression restée célèbre.

Bref, le modèle de notre internaute est l’une des belles pièces de Barye. Qu’en est-il maintenant de sa fonte, presque aussi importante ? Une signature « F.Barbedienne Fondeur Paris » est beaucoup moins appréciée par les collectionneurs que la marque « F.Barbedienne Fondeur » car la première est l’indication d’une fonte XXème (à partir de 1920), alors que la seconde est le signe d’une fonte XIXème, de meilleure qualité. La valeur d’un bronze peut varier du simple au double sur ce simple petit mot de « Paris » !

Jaguar et lièvre 1.JPG

Ceci dit, cet exemplaire, bien que portant ce mot, est ici d’une qualité de fonte remarquable. Le montage, tel qu’on le voit sous le socle, le rapproche terriblement d’une fonte ancienne de Barye. Malheureusement, lors d’une vente aux enchères, il sera marqué « Fonte de Barbedienne Paris » et les acheteurs par internet et téléphone ne se rendront pas forcément compte de la qualité de la fonte. Du coup, de façon inévitable, l’estimation sera sensiblement plus basse.

Jaguar et lièvre 10.JPG

Dessous du socle.

Quelle valeur, donc, donner à cette pièce ?

Elle a comme avantage sa signature Barye, d’être un beau modèle de cet artiste, de représenter un fauve, ce qui est toujours apprécié, d’être de grande taille (c’est aussi un inconvénient !) et d’avoir été édité par Barbedienne, ce qui montre que ce n’est pas une mauvaise fonte ou une copie.
Elle a pour inconvénient d’être très grande, donc peut-être difficile à placer, de représenter une scène cruelle (c’est absurde mais perçu ainsi…), d’être un modèle très courant et enfin d’être une fonte XXème.

Jaguar et lièvre 7.JPG
Lors de ses passages en salle des ventes, cette grande pièce, dans les mêmes dimensions, a donné ces résultats :

– Paris mars 2012 mais en fonte ancienne (XIXème) : estimé 35000 à 45000 Euros mais invendu, ce qui est normal car à mon avis très surestimé.
– Marseille en juin 2010, avec la même fonte que cet exemplaire (Barbedienne fondeur Paris) : estimé 8000 à 10 000 Euros mais invendu.
– Paris décembre 2008 : estimé 20000 à 25000 Euros et adjugé à 17000 Euros, mais malheureusement je n’ai pas d’indication sur la date de la fonte.
– Londres en avril 2005 : adjugé à l’équivalent de 17600 Euros mais là non plus pas d’indication sur la fonte.

Jaguar et lièvre 4.JPG

Le marché est parfois décevant car je trouve qu’une telle pièce devrait se vendre autour de 15000 Euros, mais le problème, c’est que… c’est lui qui a raison ! Les commissaires priseurs, les collectionneurs, les marchands ont tous accès aux résultats des ventes et se « calent » dessus. Ils ont donc les éléments que je viens de citer. Du coup, je pense qu’un commissaire-priseur estimerait cette pièce autour de 6000 Euros voire 7000 Euros. Encore ne faut-il pas oublier que sur cette somme, en cas de vente, il prélèvera aujourd’hui 25% voire 27% de frais ce qui laisserait au vendeur environ 4500 Euros environ…

Encore faudrait-il qu’il soit adjugé car nous avons vu qu’il y avait beaucoup d’invendus.

Vous souhaitez un avis sur un bronze animalier ? Envoyez-moi des photos bien nettes (vue d’ensemble, signature, dessous du socle, marque éventuelle du fondeur) et les dimensions exactes à damiencolcombet@free.fr. Je vous répondrai rapidement.

LA VALEUR D’UN BRONZE : « AIGLE » DE A.-L. BARYE

Madame Henriette H. m’a récemment envoyé des photos d’un grand bronze en sa possession, un aigle signé Barye. Elle a fait quelques recherches et me dit craindre que cet aigle soit une copie ou une fonte récente, car le modèle original de Barye qu’elle a repéré était différent, l’aigle tenant un héron.

P1090109.JPG

Notre internaute a en partie raison : il existe d’autres versions de cet aigle de Barye, et pas seulement avec un héron, mais ce n’est pas pour autant que son aigle est un mauvais modèle.

Voyons cela plus en détail :

Antoine-Louis Barye (1795-1875) est le plus connu des sculpteurs animaliers français, grâce à la qualité, la nervosité de ses créations mais aussi parce qu’il fut le pionnier de la très grande école française de sculpture animalière, école qui comprend des noms fameux comme Mêne, Frémiet, Rosa et Isidore Bonheur, Dubucand, Cain, Navellier, Fratin, Paillet, Gardet, et tant d’autres.

P1090099.JPG

Je ne vais pas raconter à nouveau ici la vie de cet artiste au talent immense mais je peux évoquer quelques points particuliers. Par exemple celui-ci : après avoir travaillé de 1821 à 1832 chez l’orfèvre Fauconnier et exposé certaines de ses oeuvres au Salon, Barye s’installe à son compte, un peu contraint sans doute par la faillite de Fauconnier. Les créations de Barye sont alors fondues par Honoré Gonon ou d’autres artisans. Le sculpteur commence à rencontrer un très grand succès. Il prend la décision de produire lui-même ses bronzes, plutôt que de les confier aux grands fondeurs comme Barbedienne, Susse, Martin, etc. En 1838, il crée donc sa propre fonderie et sa boutique.

On comprend le souhait de Barye : la fonte, dans son processus complexe, est réellement la prolongation de la création. La reprise des modèles en cire, les finitions sur le bronze, la patine comptent presque autant que le modelage du modèle en terre, plâtre ou cire, et l’idéal serait de passer autant de temps à chaque étape de la création, ce qui est malheureusement impossible au plan économique : la répercussion sur le prix du modèle des très longues heures passées rendrait le prix de l’oeuvre absolument inabordable.

F Finitions 2.jpg

Barye va précisément en faire l’expérience : il est si exigeant sur chacune des pièces que son affaire s’avère impossible à rentabiliser et qu’il n’a plus le temps de vendre ses bronzes. Il tente de sauver son entreprise et son art en s’associant avec Emile Martin, qui se charge de la commercialisation, Barye gardant la production. Mais même ainsi, les choses tournent mal et en 1846, tous ses modèles, son outillage – jusqu’à ses propres poinçons « BARYE » – sont gagés auprès de Martin. Il est donc désormais totalement dépendant de Martin, à qui il doit acheter les modèles qu’il veut fondre et vendre ! Cette situation terrible va durer plus de 10 ans. Enfin, en 1854, d’importantes commandes publiques permettent au sculpteur de sortir la tête de l’eau et, quelques années plus tard (1858), de racheter ses modèles et son matériel à Martin. Entretemps, il aura connu la quasi-pauvreté, contraint par exemple de faire enterrer sa mère à la fosse commune.

Si vous voulez en savoir plus sur la vie d’Antoine-Louis Barye, je vous conseille la lecture de « Monsieur Barye » (Michel Poletti – Editions Acatos), qu’idéalement il faut lire avec sous la main le « Catalogue raisonné des bronzes de Barye » de Richarme et Poletti (Gallimard). Vous pouvez retrouver ces livres dans l’album photo « Les livres », à droite sur ce site.

Revenons à notre aigle.

P1090105.JPG

En feuilletant le Catalogue raisonné ou encore « La griffe et la dent » édité par le Musée du Louvre, on constate qu’il existe un grand nombre de versions : tête tournée à droite, tête tournée à gauche, bec ouvert, bec fermé, emportant un serpent, sur terrasse avec profil (forme géométrique), sur terrasse naturaliste, tenant un héron, s’abattant sur un bouquetin… Barye a ainsi multiplié les combinaisons et créé au moins 8 aigles différents, sans compter les bas-reliefs et les aigles en pierre.

Celui de notre internaute est le plus fréquemment rencontré : l’aigle aux ailes étendues, le bec ouvert, la tête tournée à gauche, sur terrasse naturaliste. Ses dimensions, assez difficiles à prendre pour la largeur et la profondeur puisque la pièce n’a pas de sens particulier, sont les suivantes : 33,9 cm de long x 24,2 cm de profondeur x 25 cm de haut.

La première édition de ce modèle daterait de 1862. Cet aigle est en tous cas absent du catalogue de 1860. Les différents modèles d’aigle auraient été réalisées par Barye lorsqu’il fut question, à l’initiative de Thiers, de couronner l’Arc-de-Triomphe de l’Etoile d’un rapace gigantesque (27 mètres d’envergure). Des études furent demandées, en 1834, à l’artiste et il prépara alors un aigle posé sur une demi-sphère, très proche de celui qu’il éditera 28 ans plus tard sans la demi-sphère. Hélas, le projet monumental fut abandonné.

P1090100.JPG

A propos des projets d’embellissement de l’Arc-de-Triomphe de l’Etoile, voici ce qu’écrit, avec un peu d’ironie, Arsène Alexandre, en 1889 (14 ans après la mort de Barye), dans un intéressant ouvrage dont je parlerai bientôt sur ce site : « A.L.Barye » paru dans la Collection « Les Artistes célèbres » éditée par La Librairie de l’Art :

« Concu par Chenavard, [le projet] avait été sérieusement discuté dans le cabinet ministériel. Il est peut-être curieux de dire en quoi il consistait, pour montrer que les hommes politiques ne doutent de rien quand il s’agit de promettre.

Sur l’acrotère [ornement sculpté situé au sommet du monument] devait figurer Napoléon, traîné sur un char triomphal. Aux quatre coins, seraient érigés les statues équestres de ses frères et du prince Murat. La décoration devait être complétée, dans le bas, par les statues équestres des douze maréchaux de l’Empire, disposés autour du monument. On voit qu’il y avait de quoi occuper la vie d’un homme. Le projet fut examiné avec tant de bonne volonté qu’il en reste du moins quelque chose : un mot comique de M.Thiers. Comme un conseilleur, intervenant dans la discussion, contestait la valeur de Barye en matière de figures humaines, le ministre de l’Intérieur s’était écrié, avec son habituelle pétulance : « Eh bien, M.Barye fera les chevaux et un autre les cavaliers! ».

Il fallut en rabattre du trop pompeux projet de Chenavard. On parla plus simplement d’une gigantesque figure d’aigle, qui serait censée s’abattre sur le glorieux portail de granit. Une maquette fut même faite par Barye. Elle disparut avec le projet. On peut supposer que l’idée a été utilisée pour la statuette de l’Aigle, les ailes étendues sur un rocher. De tant de déceptions a été fondu un bronze haut de vingt-cinq centimètres. »

Le modèle d’Henriette H. est signé A.L.Barye (NB : la signature de l’artiste est variée, portant souvent son simple nom de famille sans initiale du prénom) et porte la marque « F.Barbedienne Fondeur », ce qui est le signe d’une bonne fonte XIXème. A la mort de Barye, en 1875-1876, sa veuve mis en vente les modèles avec droit de repoduction et le contenu de l’atelier. Barbedienne, Peyrol, Brame, Delafontaine et d’autres éditeurs se partageront les chefs-modèles. L’aigle a été acquis par Goupil pour être édité par Barbedienne puis Leblanc-Barbedienne.

P1090107.JPG

Il existe bien, comme le signale notre internaute, un « Aigle terrassant un héron », en deux versions (tête de l’aigle tournée à droite ou à gauche). Barye a alors combiné un aigle avec le pauvre héron du groupe « Ocelot emportant un héron », à propos duquel j’ai rédigé une note :

http://www.damiencolcombet.com/archive/2012/06/29/la-valeur-d-un-bronze-47-ocelot-emportant-un-heron-de-barye.html

P1090102.JPG

Admirons la majesté des ailes à demi déployées, le détail des grandes plumes d’aigles, l’impression de puissance de l’oiseau.

Ce modèle, comme celui de l’aigle tenant un héron, n’est pas rare : ils sont régulièrement proposés en salle des ventes, en France et à l’étranger. L’historique des résultats depuis 20 ans compterait des dizaines de dates. Voici quelques chiffres représentatifs de la tendance récente :

– New York 2008 : 7000 $ soit 5500 €.

– Drouot 2010 : 3000 €

– Bucarest 2010 : 4000 €

– Fontainebleau 2010 : 2900 €

P1090102 zoom.jpg

Notre aigle a donc l’inconvénient de n’être pas rare mais deux qualités : la fonte XIXème et la majesté du modèle créé par Barye. Malgré la tendance à la baisse des bronzes animaliers du XIXème, je pense que ce modèle peut encore être estimé autour de 2500 € à 3000 €.

Vous avez un bronze animalier et vous voulez en connaître la valeur ? Envoyez-moi des photos très nettes de l’ensemble, de la signature, de l’éventuelle marque du fondeur, du dessous du socle à :damiencolcombet@free.fr

Pour être régulièrement informé des nouvelles notes, inscrivez-vous à la « Newsletter » en haut à droite de cette page.