Vœux, nouvelle création, encore quelques jours à Bruxelles, bilan de 2019, etc…

BONNE ANNÉE 2020 !

En ces premiers jours de janvier, je vous présente tous mes vœux pour une excellente année 2020, pleine de joies en particulier artistiques. Je vous souhaite de vous promener dans la campagne, de vous émerveiller devant la Nature, de visiter beaucoup de musées et de galeries, d’enrichir votre collection d’œuvres d’art, de découvrir de nouveaux artistes, contemporains ou disparus, de fréquenter les zoos et les salles des ventes et bien sûr de rester fidèle au lien que s’efforce de créer la Lettre d’information  à laquelle vous pouvez vous abonner sur la page d’accueil de mon site.

Damien Colcombet sculpteur bronzes animaliers

Photo Diane Vo Ngoc

Pour ma part, en réponse à de nombreuses de demandes, je tâcherai de communiquer avec vous un peu plus régulièrement et en particulier de publier à nouveau des notes sur les livres sur l’art, la nature ou encore des avis sur des bronzes anciens, ce que l’on me réclame souvent.

En 2020 comme les années passées, j’espère pouvoir continuer à créer une dizaine de nouveaux modèles, pourquoi pas quelques-uns d’assez grande taille, sur des thèmes déjà explorés ou bien nouveaux. Les idée ne me manquent pas ! D’ici fin février, je devrais pouvoir vous montrer l’édition en bronze des bisons d’Amérique au galop. Et bien sûr, chaque mois, je me rendrai à la fonderie Barthélémy Art (Drôme) pour retoucher moi-même chacune de mes cires et chacun de mes bronzes.

Bronze Colcombet fonte ciselure

Une exposition à la galerie Estades de Lyon est prévue fin 2020.

 

ENCORE QUELQUES JOURS D’EXPOSITION A BRUXELLES

L’exposition « The wild ones – 5 sculpteurs : la passion d’une vie » qui se tient actuellement à la galerie Couck à Bruxelles est un succès. De nombreuses œuvres ont rejoint des collections privées. Il reste encore quelques jours (jusqu’au 12 janvier) pour voir les sculptures de Michel Bassompierre, d’Isabelle Brizzi, d’Isabelle Carabantes, de Chantal Porras et les miennes, ainsi que les étonnantes œuvres du peintre Xiao Xia.

Bronzes Colcombet exposition Couck Art

La galerie Couck Art (https://couckart.be/) est installée dans le très chic quartier du Sablon à Bruxelles, à l’angle des rues Van Moer et Allard. Elle est ouverte tous les jours du mardi au dimanche inclus.

 

NOUVELLE CRÉATION : LE GRAND OURS POLAIRE

Je porterai à la fonderie la semaine prochaine une nouvelle création : un ours polaire. Il est visiblement en mouvement : se dresse-t-il sur ses postérieurs ? Va-t-il au contraire retomber de tout son poids sur ses antérieurs ? Est-il en train de charger ? Chacun imaginera ce qu’il voudra.

Sculpture bronze Colcombet ours blanc polaire

L’ours polaire (Ursus maritimus) est l’un des plus grands carnivores terrestres. Originaire de l’Arctique (curieusement, il n’y en a pas au Pôle Sud de même qu’il n’y a pas de manchot au Pôle Nord), ce géant peut atteindre 800 kg et 3 m de long. Le record est de plus de 1,1 tonne. Tout le monde connaît sa silhouette plus effilée que celle de l’ours brun. Son cou est en effet plus long, son museau plus proéminent et il n’a pour ainsi dire pas de front. Ses pattes, munies de griffes redoutables, sont très grandes. Sous sa fourrure, qui varie du blanc pur au jaune sale, sa peau est noire. La population d’ours polaires est estimée à 20 000 – 25 000 individus. On observe certains animaux issus du croisement entre ours polaire et grizzli. Leur fourrure est très claire. Ils sont appelés localement Grolar ou Pizzli, mélange des termes Polar bear et Grizzli.

Mon modèle (hauteur : 25 cm) est un grand mâle, puissamment armé de grandes griffes, un peu efflanqué comme ceux qui sortent de l’eau, ce qui permet, en jouant avec les plis de la peau et les arêtes de certains os, de lui donner plus de « personnalité » que s’il s’agissait d’un animal tout rond.

Ours polaire zoo de Stuttgart

Ours polaire du zoo de Stuttgart

Retrouvez ici d’autres photos : http://colcombet.com/project/grand-ours-polaire-projet/

Pour voir une scène saisissante de chasse au phoque par un ours, regardez : https://www.youtube.com/watch?v=8_kwqe9V6RY&vl=fr

DES DIZAINES D’AVIS SUR DES BRONZES ANCIENS

Depuis des années, je propose de donner gracieusement mon avis sur vos bronzes animaliers anciens et leur valeur. Je réponds à toutes les demandes à condition que l’on m’envoie les dimensions exactes de l’oeuvre ainsi que de bonnes photos de l’ensemble de la sculpture, de l’éventuelle marque du sculpteur et du fondeur et surtout le dessous du socle, véritable carte d’identité d’un bronze. Ainsi, en 2019, j’ai répondu à plus de 80 demandes. On m’a envoyé beaucoup de photos de modèles de Barye, Mêne, Delabrierre, Frémiet, Moigniez, Cartier mais aussi quelques Isidore Bonheur, Fratin, d’Illiers, Le Faguays, Troubetzkoï, Comolera, Vidal, etc.

Damien Colcombet avis bronze ancien

Examen d'un modèle rare de A.-L. Barye : "L'hémione"

Beaucoup de modèles qui m’ont été soumis n’avaient hélas pas une grande valeur car il s’agissait souvent de fontes tardives, de copies ou surmoulages ou bien de bronzes non signés et non attribuables à un grand sculpteur. Lorsqu’on demande un avis sur une oeuvre, il faut s’attendre au risque d’être fort déçu, d’autant plus que la valeur des bronzes anciens a fortement baissé ces quinze dernières années, tout comme celle des meubles anciens, argenterie, etc.. Je conseille toujours néanmoins de montrer le bronze à un commissaire-priseur afin de confronter mon avis au sien. Il est rare que nos opinions divergent.

Il est important de savoir que la signature apparaissant sur l’oeuvre n’est pas un gage d’authenticité. On m’a montré une oeuvre toute récente (peut-être sortait-elle tout juste du four… !) représentant un visage et portant le nom d’un grand sculpteur animalier XIXème. Evidemment, cette signature a été apposée là pour tromper.

Bronze faux Barye

Un bronze tout à fait contemporain portant une signature A.Barye !

De même, on trouve aujourd’hui sur le marché un grand nombre de rééditions, assez bien faites pour leurrer un amateur peu méfiant, et qui portent des noms prestigieux comme Pompon, Bugatti, Godchaux, etc. Pourquoi ne pas les acheter comme objet de décoration mais il faut savoir que leur valeur est faible et qu’il sera bien difficile de les revendre un jour sans faire une importante moins-value.

Heureusement, j’ai eu le plaisir de recevoir aussi des photos de très belles œuvres, incontestablement anciennes, très bien ciselées et à la patine impeccable, portant la marque de grands sculpteurs. Parfois, la marque d’un très bon fondeur était passée inaperçue – elles peuvent être extrêmement discrètes – et ce fut une bonne surprise de la trouver cachée dans un creux, sous le socle ou ailleurs.

Bronze Colcombet cheval Isidore Bonheur Peyrol

Superbe étalon par Isidore Bonheur - fonte ancienne de Peyrol

Pour avoir un avis, envoyez-moi tout les éléments ci-dessus mentionnés à colcombetdamien@gmail.com

UN ARTICLE TRIMESTRIEL DANS « CHASSES INTERNATIONALES »

Cette année encore, je continuerai mon partenariat avec la belle revue trimestrielle « Chasses Internationales », où j’écris deux pages consacrées à une oeuvre ou à un artiste. Après « La Croix du veneur » de Le Duc, le poney portant un cerf de I.Bonheur, les cerfs de A.-L. Barye, les éléphants de R.Godchaux, le portrait de J.Oberthür, retrouvez ici mon dernier article, qui évoque Armand Petersen : http://colcombet.com/12004-2/

Bronze Petersen rhinocéros

Rhinocéros noir - Bronze - Armand Petersen

Chasses Internationales – N°12 – Hiver 2018-2019 – Les cerfs de Barye

« Ces ménageries où se rend Barye ne possèdent pas seulement des cerfs élaphes mais aussi des espèces exotiques. C’est donc dans ces parcs que Barye concevra ses Cerfs de Virginie, Cerf de Java, Cerf axis et Cerf du Gange. »

Article de Damien COLCOMBET

"Les cerfs de Barye" - Chasses Internationales - n°12 - Hiver 2018-2019

LA VALEUR D’UN BRONZE : « CHEVAL A L’ENTRAINEMENT ET SON LAD » PAR A. DU PASSAGE

Il est temps de renouer avec les notes sur « La valeur d’un bronze« , la dernière datant d’avril 2015. Depuis cette date, j’ai reçu plus une soixantaine de demandes d’avis, auxquelles j’ai répondu systématiquement, mais je n’ai guère vu d’œuvres susceptible de faire l’objet d’une note : artistes déjà étudiés plusieurs fois (les bronzes de Barye, Mêne et Delabrierre sont les sculpteurs dont on me soumet le plus souvent les créations), copies et fontes tardives sans beaucoup d’intérêt, photos de trop mauvaise qualité pour pouvoir les publier ici, etc.

Mais voici une belle sculpture d’un artiste dont je n’ai pas encore parlé : le Comte du Passage.

Monsieur T. me soumet d’excellentes photos d’une très grande pièce mesurant 110 cm de long, 45 cm de large et presque 70 cm de haut : « Cheval à l’entraînement et son lad« .

Arthur Marie Gabriel Comte du Passage est né à Frohen-Le-Grand dans la Somme en 1838 et y est mort en 1909, au château de Bernaville. Il commença une carrière militaire et pratiqua en même temps la sculpture auprès de maîtres illustres : Barye et Mêne. Alors qu’il est sous-lieutenant à Maubeuge, il expose au Salon en 1865. Il réalise aussi des dessins de sport publiés dans les journaux de l’époque. Toutefois, à cette époque de sa vie, il considère tout cela comme une simple formation artistique et n’envisage pas de quitter la carrière militaire pour l’art.

Hippodrome de Lyon Parilly
C’est en 1862 qu’une lourde chute de cheval le handicape définitivement et qu’il doit quitter le métier des armes. S’il a les plus grandes difficultés à se déplacer à pied, il peut encore monter à cheval et suivra de nombreuses chasses à courre. Par ailleurs, il se lie d’amitié avec Toulouse-Lautrec.
Le sculpteur travaillait dans son atelier, au château de Bernaville à Frohen, et envoyait régulièrement ses œuvres au Salon des Artistes Français.

Arthur du Passage a deux proches également artistes : son fils Edouard-Guy, essentiellement peintre et aquarelliste, et son frère Charles-Marie (1848-1926), sculpteur animalier dont l’œuvre tourne essentiellement autour de la chasse.
Tout ceci est décrit notamment dans deux ouvrages : le Dictionnaire des bronzes du XIXème siècle, par Pierre Kjellberg (Editions de l’Amateur), et dans “A nos chevaux et à ceux qui les sculptent”, de Guy de Labretoigne, très beau livre paru récemment (Art-Select). Notre bronze est d’ailleurs reproduit en photo dans ces deux livres.

 « A nos chevaux et à ceux qui les sculptent » – G. de Labretoigne
Arthur du Passage a réalisé un nombre relativement limité de modèles, essentiellement des chevaux et cavaliers mais aussi quelques chiens, un lièvre, un chevreuil attaqué par deux chiens. Parmi ses œuvres, j’ai relevé un très beau “Cheval marchant avec son lad” et un “Contrebandier” intéressant. Le cheval et le lad étaient visiblement des sujets de prédilection puisqu’il fit aussi une “Jument sanglé par son lad” et donc ce “Cheval à l’entraînement avec son lad”. On ne connaît pas toujours ses fondeurs, mais il y eut au moins Colin, bien connu et apprécié, et Boudet. Notre internaute n’a pas vu de cachet de fondeur, mais il peut être difficile à distinguer.

Ce modèle est très connu et a été fondu en plusieurs exemplaires. Personnellement, je lui trouve comme petit défaut que le cheval semble un peu trop bas, trop près du sol, et qu’il aurait été plus élégant en étant un rien plus en hauteur. Mais c’est néanmoins une très belle pièce, très dynamique et originale. Dans les plus belles ciselures, comme celle-ci, on voit bien les veines sur la peau du cheval.
Comme souvent avec les grandes œuvres du Comte du Passage, il a été fondu en plusieurs tailles : 45 cm, 63 cm et donc, comme celui-ci, 110 cm de long. D’après les résultats des salles des ventes, il existerait même encore d’autres tailles, mais il s’agit probablement d’erreurs de mesure.
Ce « Cheval à l’entraînement avec son lad » passe souvent en salle des ventes car il a certainement connu beaucoup de succès à l’époque de l’artiste, très connu de son vivant.

Voici quelques résultats plus ou moins récents selon la taille. Il faut garder en mémoire, en lisant ces chiffres, que le prix des bronzes anciens connaît une baisse sensible depuis quelques années, et encore plus depuis environ un an, comme beaucoup d’antiquités d’ailleurs.
En 110 cm :
– Uppsala (Suède) en juin 2015 : adjugé à l’équivalent de 22 500 €
– Bayeux en avril 2014 : adjugé à 70 000 €
– Paris en 2008 : adjugé à 36 000 Euros
– St Germain en Laye en déc. 2006 : estimé 32 000 à 35 000 Euros, il n’a pas été vendu.
– Deauville en août 2006 : estimé 50 000 à 60 000 Euros, il n’a pas été vendu.
– Calais en 2003 : adjugé à 15 000 Euros.
Pour information, le modèle mesurant 63 cm de long a été adjugé ces dernières années entre 20 000 € en 2007 à Londres et 6200 € en octobre 2013 à Chartres. Quant au modèle de 45 cm, il a été adjugé entre 6500 € en 2011 à Paris et 2800 € en 2013 à Anvers.
Ce modèle a donc l’inconvénient d’être assez courant et un peu marqué par son époque, mais il a l’avantage d’être très beau, dynamique, signé par un très bon sculpteur et d’avoir un petit côté anglais assez plaisant.
L’exemplaire de notre internaute a deux intérêts majeurs : il est très grand et de très belle qualité, me semble-t-il et autant qu’on puisse en juger sur photos. Si son propriétaire a la preuve qu’il a été acheté à l’artiste, comme il l’affirme, c’est un atout important.
Je pense qu’aujourd’hui, en tenant compte de la tendance à la baisse des prix et des résultats de vente, le modèle en 110 cm pourrait être estimé autour de 25 000 Euros, celui en 63 cm autour de 6000 Euros, celui en 45 cm autour de 4000 Euros (NB : il s’agit là d’estimations hors frais acheteur et hors frais vendeur, ces frais étant de nos jours de l’ordre de 24% à 29%). Mais nous avons vu un très beau résultat à Bayeux en avril 2014. C’est même un chiffre exceptionnel.
Si un document atteste la très bonne origine de notre exemplaire, s’il présente un bon cachet de fondeur, il n’est pas exclu que, sans renouveler cet exploit, ce beau bronze puisse atteindre les 40 000 ou 50 000 Euros.