ROUEN : MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE

En début d’année, sur ce site, je vous recommandais de visiter Rouen et son superbe Musée des Beaux-Arts. Je vous invite aujourd’hui à poursuivre votre visite avec le Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen.

En bas de l’escalier principal, une jolie sculpture de Josette Hébert-Coëffin (1908-1974), qui est née et a vécu à Rouen

Ce Muséum a été créé en 1828. C’était alors un établissement d’enseignement supérieur destiné à illustrer les cours de zoologie, botanique et pharmacie mais son directeur, Félix-Archimède Pouchet (1800-1872), enrichît considérablement les collections, révolutionna leur présentation et ouvrit au public les portes de ce qui devint donc le Muséum.

Chimpanzés

La richesse des collections d’animaux naturalisés doit beaucoup à la présence à Rouen, autrefois, des ménageries de la Foire de Saint-Romain, dont sont issus la plupart des animaux exotiques présentés. Les forains avaient en effet l’habitude de vendre au Muséum leurs animaux morts. Les collections ont aussi profité de l’activité portuaire de la région, puisque divers spécimens ont été ramenés de leur pays d’origine par des marins ou de grands collectionneurs comme Gaston Saint, drapier qui commerçait avec l’Australie.

Le Muséum de Rouen est très attachant parce qu’il a conservé un aspect ancien, un peu désuet, sans toutefois être triste ou poussiéreux : de longues vitrines, des meubles bas, un parquet qui craque, un vieil escalier en colimaçon, des dioramas parfois un peu naïfs…

Crâne de tigre

Les collections sont incontestablement intéressantes. On manque parfois un peu de place pour se croiser ou regarder avec un peu de recul tel ou tel animal, mais cela contribue aussi à donner à cet établissement le charme des vieilles demeures bien entretenues ou des laboratoires de sciences d’autrefois.

« Saint-Pierre » par Mathurin Méheut

Les présentations scientifiques sont nombreuses et bien faites, tel cet agrandissement d’une tête de serpent. On peut aussi voir une galerie des « monstres » : chaton à deux tête, porcelets siamois à une seule tête, etc.

La galerie des mammifères compte plus de 200 spécimens naturalisés très variés, de l’éléphant d’Asie au Paresseux en passant par le rare ornithorynque, le gorille ou l’oryctérope. Certains de ces animaux sont présentés en « diorama » dans leur environnement naturel.

Georges Pennetier, directeur adjoint de F-A. Pouchet puis directeur lui-même de 1873 à 1923, a créé de nombreux dioramas, son souci étant d’instruire et pas seulement de collectionner. Son successeur, Robert Régnier, multiplia les créations de ce type.

C’est pourquoi le Muséum compte autant de vastes vitrines où l’on peut voir les animaux dans leu milieu : tigre au milieu des bambous, rapaces sur une falaise, loups dans un bois, sangliers dans leur bauge, singes sur des arbres, etc.

L’un des dioramas les plus beaux est celui ci-dessus, composé des oiseaux d’Antarctique ramenés par le naturaliste Louis Gain lors de l’expédition Charcot (1908-1910). Il est à noter que la collection d’oiseaux du Muséum est particulièrement riche. Il y a même une collection de nids !

Oryctérope

Le Muséum présente aussi des collections de géologie, minéralogie, paléontologie et des oeuvres humaines : proue de pirogue de Nouvelle-Zélande, parures papoues, etc.

Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen
198 rue Beauvoisine
76000 Rouen

https://www.rouen.fr/museum

ROUEN : MUSEE DES BEAUX-ARTS

« Le musée le plus complet de France après Paris » : c’est en ces termes que l’on parlait du Musée des Beaux-Arts de Rouen à la fin du XIXème siècle.

Créé officiellement en 1801 par le décret Chaptal, le musée existait en réalité depuis quelques années puisque les premiers « récolements » (contrôle de la réalité de l’inventaire) en vue de la constitution d’une collection publique ont été entrepris dès 1790, et en 1799, le public pouvait avoir accès aux œuvres alors présentées dans l’église des Jésuites.

En 1809, le musée est déménagé dans l’Hôtel de ville. Il comprend alors moins de 300 tableaux. L’enrichissement des collections se fait tout au long du XIXème siècle par des saisies, des achats, des dons. En 1878, on dénombre plus de 600 tableaux « de premier mérite ».

Des dons très importants, comprenant pour certains (le don Baderou en 1975, par exemple) des centaines de tableaux et des milliers de dessins, vont considérablement augmenter le nombre d’œuvres du Musée.

« La flagellation du Christ à la colonne » – Le Caravage

Le bâtiment de l’Hôtel de ville sera peu à peu agrandi puis, à la fin du XXème siècle, restauré.

« L’adoration des bergers » – La Hyre

Le Musée possède des tableaux du Caravage, de La Hyre, Poussin, Velasquez, Rubens, Fragonard, Delacroix, Gericault, Van Dyck, Ingres, Hubert Robert, Coypel, Van Loo, Vouet, Guardi, Corot, David, Renoir, Monet, Sisley, Moreau, Rochegrosse, etc.

« Cheval arabe gris-blanc » – Géricault

Je vous recommande donc une visite de ce musée, dont l’accrochage est clair et agréable.

Le magnifique « Repas de noces à Yport » – Albert Fourié

Ce tableau ressemble à une scène de cinéma. L’atmosphère champêtre est merveilleuse et en même temps un rien nostalgique.

« Pêcheur en mer » – Georges Haquette

« Enterrement dans un village de la Manche » – A.W.N. Hagborg

Le tableau ci-dessus, peint par un artiste suédois venu compléter sa formation à Paris, est bouleversant. On sent le froid, l’humidité, la mer invisible mais si proche, la sidération face au drame de la mort, on entend les chuchotements, on s’attend à voir la veuve sortir de la maison, accablée par la disparition du proche.

« La barque pendant l’inondation à Port-Marly » – A.Sisley

« Un vendredi au Salon des Artistes Français » – J.A.Grün

Cette toile monumentale (6 m de long) illustre bien la cohue qui régnait au Salon autrefois. Barye se plaignait de cette affluence, de la vulgarité du public et de retrouver des manteaux accrochés à ses sculptures. Ici, c’est le « beau monde » qui vient au Salon : artistes, personnes en vue dans le monde politique, médiatique, économique, et dont les noms n’évoque plus rien aujourd’hui. On peut noter que l’affluence est toujours de mise au Salon, qui se tiendra cette année mi-février au Grand Palais : il y a deux ans, une bagarre a éclaté devant le guichet, provoquée par des visiteurs furieux de ne pouvoir entrer faute de place…

« Intérieur de la cathédrale de Reims » – P.-C. Helleu

Trois particularités à signaler : une partie du musée réservée à Jeanne d’Arc (on est à Rouen !), une étonnante anamorphose et enfin une salle présentant de nombreux trompe-l’oeil.

« Le sommeil de Jeanne d’Arc » – C.W. Joy

« Jeanne d’Arc sur le bûcher » – A.-E.Fragonard (fils de Jean-Honoré Fragonard)

« Anamorphose d’après « L’érection de la Croix » de Rubens – D.Piola

Une anamorphose est une image déformée qui ne peut se lire correctement que dans une certaine position ou à l’aide d’un accessoire. Cet accessoire est ici un cylindre poli faisant miroir et que l’on place au centre de la toile : l’image sur ce cylindre est alors compréhensible (cf. ci-dessous). Cette anamorphose a été réalisée par Domenico Piola au cours du XVIIème siècle.

Le Musée de Rouen a acquis le trompe-l’œil ci-dessous, de François Jouvenet (1664-1749). La fausse vitre brisée est remarquable.

« Trompe-l’œil à la vitre brisée d’après « St-Antoine-de-Padoue adorant l’Enfant Jésus » de Van Dick – F.Jouvenet

Un autre trompe-l’œil amusant : il s’agit d’une toile sans cadre donc totalement plate. Ni le crucifix, ni le buis, ni le cadre ne sont réels.

Musée des Beaux-Arts de Rouen

Esplanade Marcel Duchamp
Ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf le mardi
Collections permanentes gratuites

http://mbarouen.fr/fr