Mai 15, 2012 | • Visites et Musées
Après les peintures (cf. ci-dessous la note n°1), les musées de Toulouse abritent aussi de magnifiques sculptures. Voici par exemple celles du Musée des Augustins.

Notre-Dame de Grasse (Anonyme français – Vers 1450)

Ci-dessus un des huit personnages en terre cuite provenant de St-Sernin.

Quelle expression superbe sur ce buste ancien !

Le Musée des Augustins présente également de belles sculptures du XIXème siècle, dont un Barye malheureusement trop peu mis en valeur (« Charles VI effrayé dans la forêt du Mans »). Ci-dessus, le très émouvant « Le retour » d’Auguste Seysses)

« Le cauchemar »d’Eugène Thiviers.

Immense, très spectaculaire, « Le Cardinal La Vigerie » d’Alexandre Falguière.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une sculpture, je ne résiste pas au plaisir de montrer ici la voûte de l’église des Jacobins, surnommée – on comprend pourquoi – « le palmier ».
Mai 9, 2012 | • Visites et Musées
A la suite d’un voyage à Toulouse via Montpellier, je vous livre quelques photos prises dans les magnifiques musées et à l’hôtel de ville de Toulouse.
En admirant ces immenses tableaux et plafonds peints, j’ai réalisé à nouveau à quel point la peinture XIXème et début XXème, que l’on a trop vite qualifiée, avec beaucoup de condescendance, de « pompière » avait de charme. J’aime ces grandes épopées, celles de Gérôme, de Jean-Paul Laurens, celles des orientalistes du Musée d’Orsay, les scènes parfois dionysiaques, pleine de vie, de joies et de folies, qui frisent même le comique tant elles sont exagérées. Elles incitent à l’optimisme et aux réjouissances. Au moins ces peintres savaient-ils dessiner !
En voici quelques exemples, issus presque tous de la « Galerie des illustres » de l’Hôtel de ville de la place du Capitole. Elles ont été réalisées par Jean-Paul Laurens et ses fils Pierre et Paul-Albert, par René Ravault, Paul-Jean Gervais, Benjamin Constant, Henri Rachou, Rixens…

« L’île de Cythère » (J.-P. Gervais)


Les deux tableaux ci-dessus font partie d’une série de J.-P. Gervais : « L’amour à 20 ans, à 40 ans, à 60 ans ».

« L’été », immense, l’un des dix tableaux d’Henri Martin que l’on peut admirer également à l’Hôtel de ville.

« La défense de Toulouse contre Simon de Montfort » (J.P. Laurens)

Une vue du plafond de la salle des mariages.

Il est difficile de croire que ces peintres n’ont pas ri en peignant autant de chair rose, de fesses, de jeunes femmes nues finalement peu gênées de se montrer ainsi à des gentilshommes bien habillés faisant semblant d’ignorer la nudité de ces – plus ou moins – jeunes femmes.


De magnifiques ailes, toujours au plafond de la « salle des illustres » !

« La séance solennelle des Jeux Floraux » (J.-P. Laurens) : le poète lit ses vers face aux troubadours.
Ci-dessous, un tableau présenté au musée des Augustins : « La folie de Titiana », de P.-L.Gervais. Dans Les Métamorphoses, d’Ovide, les sœurs des Titans sont appelées Titianas. Dans une pièce de Shakespeare, Titiana est frappée par un sort et s’endort. A son réveil, elle tombe amoureuse du premier venu, qui se trouve être un homme à tête d’âne.


Mar 15, 2012 | • Visites et Musées
Après ma recommandation, il y a quelques jours, d’aller visiter l’aile Richelieu du Louvre, je vous incite également à vous rendre a Musée d’Orsay à Paris pour admirer quelques oeuvres des grands sculpteurs du XIXème siècle.
Comme il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du Musée, même sans flash, je ne peux illustrer cette note qu’avec quelques images des oeuvres monumentales situées sur l’esplanade du Musée ou dans le beau jardin des Tuileries.

Devant l’entrée d’Orsay, on peut admirer le « Rhinocéros indien » de Jacquemart, le « Cheval à la herse » de Rouillard et « l’Éléphant pris au piège » d’Emmanuel Frémiet.

Il est amusant de noter que dans la réduction de cette dernière pièce, Frémiet a fait plusieurs modifications : la lourde roue et le babouin ont disparu, et c’est désormais la patte arrière qui est retenue.

Une rangée de grandes statues féminines représente également les différentes parties du monde et j’ai eu la surprise d’y voir, aux côtés de l’Océanie, un amusant kangourou, ce qui est bien rare dans la sculpture de cette époque.

Aux Tuileries, près de la rue de Rivoli, deux impressionnantes scènes de Cain (le gendre de Pierre-Jules Mêne) : « Rhinocéros indien attaqué par deux tigres » et « Lion et lionne se disputant un sanglier ». J’avoue que ces deux grandes pièces, dont je ne me souvenais plus bien, m’ont réconcilié avec Cain, à qui j’ai souvent reproché l’air pompeux de certains de ses animaux.

A l’entrée du Musée, on est accueilli par une autre pièce monumentale (3,60 m de haut !), qui laisse une impression terrible : elle représente Gérôme, peintre et sculpteur de très grand talent, sculptant un combat de deux gladiateurs. Un examen attentif de la pièce laisse confondu par le génie de l’artiste. Le mirmillon, vainqueur du rétiaire, a dû livrer un combat acharné car une partie du filet du vaincu est restée accrochée à sa ceinture, prise dans un fermoir en forme de poisson, le reste du filet ayant visiblement été tranché d’un coup de glaive et gisant à terre, avec la fourche du rétiaire. Le vainqueur, attendant de la tribune d’honneur un signe pour l’exécuter ou le gracier, a posé son pied sur le vaincu qui, paniqué, lève trois doigts et réclame la clémence. Le mirmillon porte un bouclier recouvert d’une peau de crocodile.
Ce grand bronze est de Jean-Léon Gérôme lui-même pour la scène de combat et d’Aymé Morot pour Gérôme, que l’on voit travailler la ceinture d’un des gladiateurs. A noter que le combat est directement inspiré du tableau de Gérôme « Pollice verso ».
On pense ici à une scène du même ordre, visible dans le jardin du d’histoire naturelle à Paris, représentant Frémiet qui sculpte l’une de ses œuvres, le combat de l’ours et du dénicheur d’oursons.

Si l’on aime les bronzes du XIXème et en particulier les grands sculpteurs animaliers, la visite du Musée d’Orsay provoque une sorte de fièvre et d’euphorie : on y admire en réalité, et non plus seulement en images, de nombreux chefs d’oeuvre de Frémiet, Barye, Bugatti, Gardet, Riché… Impossible de les énumérer toutes mais il faut voir :
– La première version de la Jeanne d’Arc de Frémiet, celle qui fut remplacée par l’actuelle place des Pyramides (j’aurai bientôt l’occasion d’expliquer l’histoire incroyable de ce remplacement). De Frémiet également, le Chevalier errant.
– Un très étonnant meuble comprenant de nombreux bas-relief de Frémiet, dont un grand « Triomphe de Mérovée », dont il faut admirer les buffles d’Asie.

– Les chasseurs d’alligator, immense bas-relief de Barrias, et « Les chasseurs d’aigles » de Coutan.
– Une version colorée et partiellement émaillée du « Cavalier tartare arrêtant son cheval » de Barye.
– Le combat des panthères, de Riché

– La collection des bronzes de Bugatti
– La vitrine des bronzes de Pompon
et tant d’autres…

Au 1er étage, dans le petit couloir passant au-dessus de la porte d’entrée, une série de terres, moules, cires, plâtres, bronze explique parfaitement le processus de la fonte à la cire perdue et, à côté, celui de la reproduction en marbre des sculptures en bronze.
Une visite passionnante.
Fév 29, 2012 | • Visites et Musées
Dès que je le peux, je file au Louvre ou au Musée d’Orsay voir les sculptures. Il y a toujours, à la librairie, un beau livre à acheter (cette fois, « Le cheval et la sculpture » par la Dieleman Gallery – Editions du Perron). Mais surtout, il y a les plus beaux bronzes animaliers que l’on puisse imaginer. Par exemple, si vous avez 10 Euros en poche et une heure devant vous, allez voir, dans l’aile Richelieu du Louvre, la très belle collection des Barye, dont les modèles du surtout de table du Duc d’Orléans.

Il s’agissait (il a malheureusement été dispersé) d’un remarquable ensemble auquel plusieurs artistes renommés ont travaillé, et qui comprenait notamment, d’Antoine-Louis Barye, quatre grandes scènes de chasse et plusieurs animaux isolés. Au Louvre, on peut voir deux scènes : la chasse au lion (le lion et la lionne ont tué un buffle et se font à leur tour attaquer par les cavaliers, qui ont l’air d’avoir quelques soucis) et la chasse au taureau sauvage. Il s’agit d’un incroyable enchevêtrement d’hommes et d’animaux qui laissent une terrible impression de sauvagerie et de puissance.

On peut admirer également une partie de la chasse au tigre : l’éléphant d’Asie surmonté d’un cornac. Il manque la nacelle où ont pris place les chasseurs ainsi que les tigres qui montent littéralement à l’assaut de l’ensemble. Sur la photo, derrière cette pièce, on aperçoit le cavalier attaqué par un serpent dont j’ai parlé dans ma note sur le « Serpent python avalant une biche ».

Parmi les autres grandes pièces, il faut voir le très curieux « Angélique et Roger montés sur l’hippogriffe » fondu par Gonon, dont la version en bronze et colorée est en couverture du Catalogue raisonné des bronzes de Barye MM.Richarme et Poletti).

Et puis il y a toutes les autres pièces de Barye, de Frémiet, de Cain, Fratin… Les photos ne sont pas très bonnes car je les ai prises dans de mauvaises conditions (je les referai dès que possible) mais elles donnent un aperçu de la richesse de la collection.

Enfin, on peut admirer un très grand exemplaire, d’une ciselure remarquable, du Lion au serpent, dont le modèle en plâtre est d’ailleurs au musée des Beaux-arts de Lyon.


Nov 16, 2011 | • Visites et Musées
Comme une suite ironique à ma note du 31 mars 2010, qui m’avait valu des commentaires outrés ou approbateurs (voir : http://www.damiencolcombet.com/archive/2010/03/30/la-gran…), je viens de lire ceci dans Le Monde de cette semaine :
« Une femme de ménage prend une oeuvre d’art pour un baignoire sale.
Une femme de ménage trop zélée a détruit à jamais une oeuvre d’art, retirant la patine d’une baignoire en caoutchouc placée sous des planches en bois empilées, a indiqué le musée de Dortmund (Ouest de l’Allemagne).
Baptisée Quand les gouttes d’eau commencent à tomber du plafond, l’oeuvre de l’artiste allemand Mertin Kippenberger, aujourd’hui décédé, était assurée pour 800 000 Euros ».
Ceci me pose les questions suivantes :
– Faut-il interdire les musées d’art moderne aux gens simples, incapables de comprendre la profonde et tragique beauté de l’art moderne, et ne laisser en pature à leurs yeux naïfs que les oeuvres pompières et faciles de Corot, Brueghel, Caillebotte ou Carpeaux ?
– N’est-ce pas le couronnement final, pour cet artiste, de voir son oeuvre offerte de cette façon en holocauste et pour ainsi dire enfin rendue au peuple ?
– La femme de ménage n’est-elle finalement pas elle aussi une artiste ?
– L’assurance remboursera-t-elle l’oeuvre d’art ?