Lorsque je suis allé passer une semaine dans une réserve de chasse au Burkina Faso, il y a quelques années, j’ai été frappé par le nombre d’éléphants présents et surtout par les dégâts causés à la nature par ces pachydermes : arbres déracinés, baobabs dont l’écorce avait été arrachée, mares endommagées… Dans certaines zones, on aurait dit qu’une tornade était passée.

J’en ai discuté avec un chasseur retourné tout récemment sur cette zone : il m’a dit que les éléphants étaient désomais si nombreux dans cette réserve qu’ils en sortaient fréquemment pour dévaster les greniers des paysans, soulevant le toit de ces frêles constructions et se servant comme dans une bonbonnière.

Du coup, pour survivre – le Burkina est un des pays les plus pauvres du monde – les pauvres agriculteurs se défendent comme ils peuvent et attaquent les éléphants avec des sagaies ou de vieux fusils, armes assez inefficaces mais qui irritent fortement les éléphants. Cet ami chasseur m’a dit qu’en conséquence, les éléphants chargaient systématiquement les hommes lorsqu’ils les croisaient dans la réserve, à pied ou en voiture, et qu’il fallait donc redoubler de vigilance.

J’ai lu récemment un petit livre très intéressant qui relate exactement les mêmes faits, mais dans la bouche d’un pisteur peul ayant passé sa vie tout près de la réserve où était cet ami chasseur. Ce pisteur est en réalité métis puisque son père était français et sa mère peule. Son nom complet est Rasmané Paul Barry de Lesguenec !

Même si, comme moi, vous n’êtes pas chasseur, je vous conseille vivement la lecture de ce livre très intéressant. En voici un extrait.

« Souvenirs d’un pisteur peul » – Rasmané barry – Editions du Markhor – 2004 – 206 pages