Monsieur Gérard C. me soumet quelques photos d’un « bronze de lion » lui appartenant et dont il aimerait connaître la valeur.

Bronze ancien Barye Colcombet

Il s’agit en réalité du « Tigre qui marche » de Antoine-Louis Barye (1795-1875), l’un des plus renommés (si ce n’est le plus renommé tout simplement) des sculpteurs animaliers français. Pour en savoir plus sur ce merveilleux artiste, se référer à mes précédentes notes ou taper simplement « Barye » dans le moteur de recherche de ce blog, en haut à gauche de cette page.

Cette pièce est bien connue mais j’ai d’abord été un peu dérouté par les dimensions données par Gérard C. : 25 cm x 6,5 cm pour le socle, et 13,5 cm de hauteur. En effet, j’ai souvent vu cette pièce en plus grande dimension (40 cm de long). En fait, il s’agit tout simplement d’une réduction de la pièce originale de Barye.

Bien des fondeurs ont procédé à des agrandissements ou des réductions des modèles les plus appréciés, en utilisant divers procédés – dont le procédé Colas – qui permettaient de conserver tous les détails de la pièce originale. On a encore parfois recours à ces façons de faire mais l’ordinateur permet de nos jours de le faire plus facilement.

Bronze ancien Barye Colcombet

La pièce originale, dont les dimensions exactes sont : 39,4 cm de long x 10,1 cm de large x 21,3 cm de haut, a été créée par Antoine-Louis Barye, père d’Alfred Barye moins connu bien qu’extrêmement talentueux lui aussi, en 1841. Il fait le pendant du « Lion qui marche ». Barye a repris ce tigre un peu plus tard, en 1874, mais il y a peu de différences : la queue part vers l’arrière et non vers l’avant et le fauve est un peu plus massif.

La réduction qui nous est montrée ici a été créée vers 1900 par la fonderie Leblanc-Barbedienne.

Bronze ancien Barye Colcombet

Le bronze de Gérard C. est correct : on aperçoit les griffes, les moustaches, les rayures du tigre. Il n’est toutefois pas très fin. Le dessous du socle montre un montage traditionnel, avec des écrous. La patine, un peu verte, semble belle. Je conseille simplement de nettoyer un peu cette pièce à l’eau tiède avec un peu de savon, au moyen d’une petite brosse, puis de lui appliquer du cirage marron avant de faire reluire 12 heures plus tard avec un chiffon doux. il retrouvera un très bel aspect. Le cirage marron n’effacera absolument pas la patine verte.

Cependant, que cela vienne de la fonte ou du fait que l’une réduction perd forcément en qualité, il ne s’agit pas d’une pièce exceptionnelle. En salle des ventes, elle serait probablement annoncée comme « d’après Barye ».

Le modèle de grande taille – la pièce originale – se trouve assez fréquemment en salle des ventes et peut être estimé aux environs de 4000 Euros. Je pense que le modèle ici présenté pourrait être estimé aux environs de 1500 Euros environ.

Vous voulez connaître l’histoire et la valeur d’un bronze animalier ? Envoyez-moi (damiencolcombet@free.fr) obligatoirement des photos nettes (vue d’ensemble, dessous du socle, signature, marque éventuelle de l’artiste) et les dimensions exactes.