NOUVELLE CRÉATION : LE BISON D’AMÉRIQUE AU GALOP

NOUVELLE CRÉATION : LE BISON D’AMÉRIQUE AU GALOP

Voici un sujet que je n’avais pas travaillé depuis 13 ans : le bison. C’est en effet de 2006 que datent mes deux bisons d’Amérique, premier modèle que j’ai osé présenter à Michel Estades et qui nous a permis de commencer ensemble une longue aventure.

Sculpture en bronze de deux bisons

Ce nouveau bison, toujours de l’espèce américaine, est plus petit mais en mouvement. Pour évoquer ce mammifère, je reprends ici, en la mettant à jour, une partie de ma note publiée en novembre 2006.

Bronze Colcombet Bison d'Amérique

Il existe trois espèces de bisons, ou plus précisément, une espèce européenne (Bison bonasus), que l’on ne retrouve plus guère qu’en Russie et dans quelques rares zoos, et une espèce américaine (Bison bison) avec deux sous-espèces : bison des bois et bison des plaines, ce dernier faisant l’objet d’élevages notamment dans le Limousin.

Bronze Colcombet bison d'Europe

Bronze Colcombet bison d'Europe

Bisons d’Europe

Le bison américain a un arrière-train assez fin et plongeant, alors que celui d’Europe est plus rectangulaire, si l’on peut dire.

Bronze Colcombet bison d'Amérique

Bison d’Amérique (pelage d’hiver)

Le bison d’Amérique est un bel animal, de 500 kg à 600 kg pour les femelles et 700 à 1 000 kg pour les mâles. Il mesure jusqu’à 3,50 mètres de long pour environ 2 mètres de haut, au niveau de la « bosse » qu’il a sur le dos. Le squelette du bison présente en effet une sorte de crête osseuse, dont le point culminant est un peu en avant des pattes antérieures.

Bronze Colcombet bison d'Amérique

Bison d’Amérique

Les bisons que j’ai vus au Québec étaient impressionnants à divers titres :  l’extraordinaire volume de leur tête, en réalité « gonflée » par une crinière très épaisse, l’importance de cette crinière de poils épais, laineux, qui s’arrête brutalement au milieu du dos pour laisser place à des poils ras, le décalage entre un avant-train massif, lourd, et un arrière-train léger, proche de celui d’une grande antilope. Et aussi l’importance du corps proprement dit par rapport aux pattes, assez courtes.

Bronze Colcombet bison d'Amérique

Bison d’Amérique

Lorsque les Indiens étaient les seuls à les chasser, les bisons étaient nombreux : environ 70 millions en Amérique du Nord. Pour la viande, le plaisir et pour affamer les Indiens, les colons américains les ont chassés à outrance, conduisant l’espèce à la quasi-disparition puisqu’il n’en restaient plus qu’un millier avant qu’ils ne soient protégés. Des photos de l’époque montrent des montagnes de crânes de bison de 5 à 6 mètres de haut, destinés à la fabrication de l’engrais !

Bronze Colcombet bison crânes de bisons

Montagne de crânes de bison dans les années 1870 aux Etats-Unis

On compte aujourd’hui environ 30 000 bisons de plaine, mais encore très très peu de bisons des bois de pure race (quelques centaines).

Mon bison au galop est un modèle de petite taille puisqu’il ne mesure que 13 cm de haut (et encore, la terre n’est pas tout à fait sèche et son volume diminue en séchant). Je souhaitais travailler ce modèle afin de ma réapproprier la morphologie des bisons en vue d’une plus grande scène à venir. Edition en bronze pour la fin de l’année 2019.

Bronze Colcombet bison d'Amérique

Bison d’Amérique

NOUVELLES CRÉATIONS : SANGLIERS ET GNOU

Voici trois  nouvelles créations, qui ont un lien avec de précédentes sculptures.

Le gnou, tout d’abord, s’inscrit dans la série des grands ongulés africains déjà réalisés : oryx et grand koudou.

Sculpture Damien Colcombet gnou bleu

Gnou bleu (projet en terre) – Env. 30 cm de long x 19 cm de haut

Il s’agit ici d’un gnou bleu (dit aussi à queue noire), l’espèce la plus connue, celle que l’on voit en immenses troupeaux au Kenya et en Tanzanie, en particulier lors des fameuses migrations durant lesquels ces herbivores doivent traverser la rivière Mara où les attendent des crocodiles. L’autre espèce est le gnou noir ou gnou à queue blanche, dont les cornes repartent franchement vers l’avant et qui porte une crinière droite comme celle d’un zèbre ainsi qu’une curieuse touffe de poils raides sur le museau. Le gnou noir vit dans le sud de l’Afrique.

Bronze Colcombet gnou bleu

Gnou bleu, dit aussi à queue noire

Bronze Colcombet gnou noir à queue blanche

Gnou noir, dit aussi à queue blanche (zoo de Cordoue)

Les gnous réalisés par Barye, qu’ils soient seuls, montés par un singe ou étouffés par un python, sont tous des gnous noirs ; c’est probablement cette espèce qui vivait alors à la Ménagerie du Jardin des Plantes ou au Jardin d’acclimatation.

Bronze gnou Barye

Gnou, par Antoine-Louis Barye (1795-1875)

Le gnou bleu est un curieux animal, mélange en plus léger de buffle et de cheval, mesurant au garrot de 1 m à 1,50 m et pouvant peser jusqu’à 270 kg. Les éléments caractéristiques de ce mammifère herbivore sont une silhouette oblique, le garrot étant plus haut que la croupe, une tête bizarre, disproportionnée, convexe, terminée par un mufle énorme et plat, un cou presque de la même largeur que la tête, une crinière aux poils longs, des membres fins. Le gnou est capable de marcher ou galoper longtemps. Lorsqu’il est excité, il cabriole, saute à pieds joints, rue de façon surprenante. Il lui arrive de se mettre à genoux pour brouter ou se battre. Le gnou semble être la proie de prédilection des lions et hyènes.

Retrouvez ici d’autres photos de ce gnou : http://colcombet.com/project/le-gnou-bleu-projet/

Autres créations : les sangliers, dont l’idée m’est venue lors de la réalisation du cochon domestique, le verrat.

Sculpture Colcombet sanglier mâle et laie

Grand vieux sanglier mâle et laie (projet en terre) – Environ 20 cm de long x 12 cm de haut.

Les scientifiques expliquent que le porc est une de la quinzaine de sous-espèce du sanglier (Sus scrofa). Le sanglier adulte que l’on rencontre en France est massif, trapu, avec un corps mesurant environ 1m50 de long pour un poids pouvant dépasser 100 kg. De très gros animaux atteignent 150 kg. La tête est conique, son chanfrein est droit alors qu’il est concave chez son cousin domestique. Les sangliers possèdent un pelage épais, rêche avec une ligne de poils forts faisant une sorte de petite crinière le long de la colonne vertébrale.

Sculpture Colcombet sanglier

Les mâles possèdent des grès et défenses plus ou moins développées selon leur âge. Elles s’aiguisent en permanence et sont donc très coupantes. Les oreilles (« les écoutes ») sont triangulaires, droites et mobiles. Le groin (« boutoir ») pourrait sembler fragile et sensible puisqu’il est glabre mais en fait, c’est un formidable outil pour creuser, fouir et retourner un sol même dur afin d’y trouver racines, tubercules, vers, etc. Les sangliers peuvent d’ailleurs aisément ravager en une nuit une belle pelouse de la taille d’un terrain de football…

Sculpture Colcombet sanglier

Comme celle du chevreuil, la population de sangliers a explosé en Europe ces dernières décennies (on parle d’un million de sangliers en France), malgré d’importants prélèvements par les chasseurs (on est passé de 100 000 sangliers tués en 1990 à 600 000 actuellement). La population d’animaux peut augmenter de 100% à 150% par an.

Sculpture Colcombet sanglier mâle solitaire

Les raisons de cette explosion sont multiples : réchauffement climatique, absence de prédateur (le loup ne pèse guère sur les effectifs de sangliers), gestion trop conservatrice de la chasse, avec de plus, à une certaine époque, des lâchers mal contrôlés, développement des cultures de maïs, etc. Aujourd’hui, beaucoup se plaignent d’une surpopulation de ces suidés sauvages, qui font parfois irruption à proximité immédiate des villes, causent d’importants dégâts dans les cultures, des accidents sur les routes.

Je terminerai en évoquant les « Attila », énormes sangliers de Turquie : ces animaux géants, qui ne possèdent pas le même nombre de chromosomes que les nôtres, peuvent dépasser les 300 kg (en France, un animal de plus de 100 kg est déjà une très belle bête…). Le record est de 355 kg !

Retrouvez ici d’autres photos des sangliers : http://colcombet.com/project/le-solitaire-vieux-sanglier-male-projet/ et http://colcombet.com/project/laie-projet/

NOUVELLE CRÉATION : LE VERRAT

Première création de l’année 2019 : un verrat, autrement dit un porc reproducteur donc non castré.

Sculpture Colcombet cochon porc verrat

Le porc (Sus scrofa domesticus), ou cochon, est une sous-espèce du sanglier Sus scrofa. C’est un mammifère omnivore artiodactyle (nombre pair d’ongles)  de la famille des Suidés ou Porcins, où l’on retrouve toutes les variétés de sanglier et pécaris mais aussi le babiroussa, le phacochère, le potamochère et l’hylochère.

Potamochère

Si les noms de suidé, porc, truie, nourrain (jeune porc sevré) viennent du latin, verrat vient du vieux français. Et on ignore la véritable origine du nom cochon. Le porc est un animal à peau nue recouvert de poils appelés soies (rien à voir avec le verrat-soie !!!), qui ne le protègent pas de la chaleur et des coups de soleil. Son épaisse couche de graisse est en revanche une bonne protection contre le froid. Le cochon connaît une croissance extrêmement rapide : il peut passer en 6 mois de 1,5 kg, son poids de naissance, à 100 kg. La truie est très prolifique puisqu’elle peut avoir deux portées et demi par an soit 28 porcelets.

Truie et un porcelet (Wikipedia)

Le cochon est un animal sociable, relativement intelligent, sensible aux bruits, aux contacts et aux odeurs (il aide à la recherche des truffes). Sa morphologie ayant des points communs avec celle de l’Homme, il est utilisé en médecine. Et bien sûr, puisque « tout est bon dans le cochon, sauf le cri« , presque toutes les parties de son corps sont consommées. La peau et les soies sont appréciées par l’industrie du cuir et les fabricants de pinceaux et brosses.

Les relations entre le porc domestique et l’homme sont une vieille histoire puisqu’on en retrouve des traces dès le IXème millénaire avant notre ère. Le porc constitue la viande la plus consommée au monde, malgré les interdis de certaines religions. Rien qu’en France, troisième producteur de l’Union européenne, 23 millions de têtes ont été abattues en 2017.

Sculpture Colcombet cochon porc verrat

Dans « L’inventaire des animaux domestiques en France » (A.Raveneau – Nathan), on apprend qu’une race se caractérise par la couleur de la robe, le port des oreilles et la forme générale du corps. A la fin du XIXème siècle, on distinguait ainsi trois grands groupes : porcs à pelage blanc ou unicolore à oreilles tombantes, porcs à robe noire, pie noir ou pie blanc et oreilles demi tombantes, porcs à robe noire et oreilles droites. Il faut encore y ajouter les races étrangères, et les races mixtes. Beaucoup de vieilles races françaises ont disparu : le Bourbonnais, le Cauchois, le Béarnais, le Vendéen, le Cotentin, etc., la plupart absorbées par la race « Large White »  Aujourd’hui, en France, on dénombre une petite quinzaine de races mais en fait, les 23 000 élevages élèvent essentiellement des porcs issus des 4 races suivantes : Landrace (le plus long), Large White (oreilles droites), Piétrain (robe souvent tachetée), Duroc (robe uniformément rousse).

Sculpture Colcombet cochon porc verrat

Les plus gros porcs peuvent atteindre 600 kg (le record serait un cochon chinois d’une tonne). On peut admirer quelques-uns de ces phénomènes chaque année au Salon de l’agriculture. Les verrats sont des reproducteurs prolifiques : un intéressant article, destiné aux professionnels, sur la libido du verrat explique qu’à partir de 10 moins, un verrat peut sans problème faire deux montes tous les cinq jours ! La viande de verrat est difficilement commercialisable car elle présente souvent une odeur caractéristique et très désagréable.

Sculpture Colcombet cochon porc verrat

Curieusement, alors que le porc côtoie l’Homme depuis toujours, c’est un animal assez peu représenté par les sculpteurs animaliers du XIXème siècle, à la différence du sanglier, « anobli » par son statut de gibier. On trouve quelques modèles de Rouillard, Carvin, Valton, Chemin, Isidore Bonheur mais c’est à peu près tout.

Bronze de Victor Chemin

Est-il normal que mon verrat ait des défenses ? Contrairement à ce qu’on peut lire sur certains sites, comme Wikipedia, les porcs ont bien, comme les sangliers, des grès et des défenses, beaucoup plus développées chez les verrats que chez les truies et les porcs castrés. Ces dents, extrêmement coupantes car constamment aiguisées par frottement, ne peuvent être arrachées car leur racine remonte tout le long de la mâchoire. Dans les élevages, elles sont donc sciées ou meulées, ce qui est indolore pour l’animal puisque la partie apparente n’est pas innervée. Mon verrat a la chance qu’on lui ait laissé ses belles dents, quand même bien plus petites que celles des sangliers et surtout des phacochères et des babiroussas ci-dessous !

Babiroussa

Phacochère

Dimensions de mon verrat : environ 31 cm(long) x 14 cm (haut) x 10 cm (prof.).

VŒUX, ORYX, CACHALOT, PATRIARCHE, BARYE…

En ce début d’année, je souhaite à tous les amateurs d’art et admirateurs de la Nature mes vœux pour une excellente année 2019.

Bronze Colcombet cachalot et petit

A peine sortis de la fonderie pour le vernissage de l’exposition à la galerie Estades de Paris, le cachalot et son petit ont été acquis par un collectionneur, qui a néanmoins accepté de les laisser place des Vosges jusqu’à la fin de l’exposition. Le deuxième exemplaire, en cours de fonte, étant promis au même destin, me voilà rassuré sur l’accueil réservé à cette création d’un nouveau genre. Je continuerai certainement à explorer le monde des mammifères marins, qui m’impressionne beaucoup. Les photos du modèle en bronze sont visibles dans le menu « Les oeuvres« 

Bronze Colcombet grand éléphant d'Afrique défenses

J’ai souhaité agrandir le vieil éléphant appelé « Le Patriarche« , ce que sait faire la fonderie Barthélémy Art à Crest. Cela demande beaucoup de travail puisqu’il faut reprendre complètement le modèle en cire agrandi grâce à l’imprimante 3D pour effacer toutes les traces trop géométriques (lignes d’impression), ajouter de la matière, retracer les plis et ciseler les détails trop peu visibles. Le modèle ainsi complètement repris est moulé et permet l’édition de nouveaux exemplaires. L’agrandissement est assez conséquent puisqu’il pèse près de 30 kg, mesure 65 cm de long, 44 cm de haut et 38 cm de large. Le premier exemplaire a lui aussi été acquis par un collectionneur dès le vernissage de l’exposition parisienne. D’autres exemplaires sortiront de la fonderie d’ici deux mois. Les photos sont là aussi visibles dans le menu « Les oeuvres« .

Colcombet Barye cerfs Chasses Internationales

Sur mon site, dans le menu « L’artiste » puis « Revue de presse« , vous trouverez un nouvel article : il s’agit d’une double page que j’ai rédigée pour la prestigieuse revue « Chasses Internationales« . Elle traite des sources d’inspiration du grand sculpteur Antoine-Louis Barye (17895-1875), qui a réalisé plus de 35 modèles de cerfs de différentes espèces.

Bronze Colcombet oryx antilope

Et enfin, une nouvelle création : l’oryx tête tournée. J’ai déjà modelé trois oryx au galop il y a quelques années et dans la note explicative, je disais combien j’aimais cette antilope puissante (plus de 200 kg), si élégante avec ses longues épées sur la tête et ses lignes noires qui soulignent harmonieusement la tête et le corps.

Oryx gemsbok

Oryx gemsbok

Cette fois, l’animal est arrêté et observe, mais on devine qu’il est aux aguets, prêt à charger (c’est un animal assez belliqueux et courageux) ou à fuir de son galop de cheval. L’oryx gemsbok, à l’allure plus « athlétique » que celle des deux autres sous-espèces (oryx d’Arabie et oryx algazelle), est l’un des animaux emblématiques de la Namibie, où on le rencontre en abondance. C’est d’ailleurs là qu’on trouve les plus cornes les plus longues. Le record date de 1981 dans le Kalahari : c’est un mâle dont les cornes mesuraient 1,23 m. Vous pourrez retrouver plusieurs photos de ce nouvel oryx dans le menu « Les œuvres« .

Oryx Algazelle

Oryx algazelle

NOUVELLE CRÉATION : LE GRAND KOUDOU

Le grand koudou fait partie du groupe des antilopes au sens large, ce terme d’antilope étant une notion aux contours assez imprécis, incluant des ruminants sauvages portant des cornes persistantes et aussi variés que les gazelles d’Afrique, le cervicapre et le saïga d’Asie, le pronghorn d’Amérique, etc.

Sculpture Colcombet grand koudou

On compte généralement parmi les plus grandes et les plus belles antilopes d’Afrique l’éland (de Derby et du Cap), l’oryx (en particulier le gemsbok), l’hippotrague (le rouan et le noir), le cob à croissant, le bongo (mon préféré) et le grand koudou.

Grand koudou mâle (Zoo de Vincennes) – Ses cornes sont beaucoup plus petites que celles des grands mâles visibles en Afrique

Ce dernier, au nom savant de Tragélaphus strepsiceros est un donc un mammifère de la famille des Bovidés, de l’ordre des Artiodactyles, animaux au nombre pair de doigts s’appuyant essentiellement sur les deuxième et troisième doigts, terminés par des ongles ou bien des sabots (antilopes, girafes, hippopotames, chameaux, porcs, etc.).

Grand koudou femelle (Zoo de Vincennes)

Le grand koudou est un bel animal, dont le corps des mâles adultes peut atteindre 2,50 m de long et 1,60 cm au garrot, la tête surmontée de longues cornes chez le mâle étant en fait beaucoup plus haute. Le poids peut dépasser 300 kg. A la différence des élans et des oryx, le grand koudou est svelte, voire efflanqué. La robe, marquée d’une dizaine de rayures blanches verticales, est beige mais peut prendre des teintes beaucoup plus foncées chez les vieux mâles, allant jusqu’au gris-bleu. Une ligne de poils longs courre tout le long du dos jusqu’à la queue, touffue.

Grand koudou mâle et femelle (Zoo de Vincennes)

C’est la tête du grand koudou mâle qui le rend si majestueux : d’immenses oreilles, une crinière érectile sur le cou et les épaules, une barbe longue et fine longeant le fanon (dessous du cou), quelques tâches blanches sur les joues, un masque blanc autour des yeux et surtout deux immenses cornes spiralées (les femelles n’en portent pas).

Sculpture Colcombet grand koudou

Les cornes, plus ou moins écartées selon les individus, présentent une sorte de bourrelet qui longe la courbure presque jusqu’à la pointe, généralement plus claire. Elles peuvent former trois spires complètes et atteindre 1 mètre en ligne droite et 160 cm en suivant les spires. Tout ceci en fait un trophée très apprécié des chasseurs.

Beau trophée dit « en cape ». Les cornes peuvent faire encore un tour de plus.

On trouve le grand koudou essentiellement en Afrique orientale et méridionale. Il est également présent dans certaines zones d’Afrique centrale (Ouganda, RDC, etc.). Il ne faut pas le confondre avec le petit koudou, qui évidemment lui ressemble mais est moins grand, a des cornes moins spectaculaires et ne porte pas de longue barbe le long du cou. Le grand koudou est un excellent sauteur : il peut franchir sans difficulté des obstacles de 2 à 3 mètres de haut.

Sculpture Colcombet grand koudou

On voit de temps en temps des grands koudous dans les zoos, notamment dans les « plaines africaines » en compagnie d’autres espèces mais la cohabitation ne se passe pas toujours très bien. Regardez cette vidéo impressionnante : https://www.koreus.com/video/antilope-attaque-girafe-zoo.html

Faon de grand koudou (Zoo de Vincennes) – Admirez les belles oreilles !

Sculpture Colcombet grand koudou

NOUVELLE CRÉATION : LE CACHALOT ET SON PETIT

Pour la première fois, je me suis lancé dans le monde merveilleux des mammifères marins. Si ce cachalot (long. : 40 cm environ) rencontre un bon accueil, je poursuivrai mon projet de réaliser aussi baleines, orques, dauphins, bélugas, narvals, etc.

Sculpture Colcombet cachalot et son petit

Pour des raisons assez compréhensibles – Barye n’a jamais quitté la région parisienne – ce thème n’a pas été exploré par les grands maîtres du XIXème siècle. Peut-être auraient-ils pu s’inspirer des nombreuses gravures anciennes représentant une baleine ou un cachalot  échoué mais il aurait manqué le réalisme si fort qui caractérise les bronzes de Barye, Frémiet, Mêne et tant d’autres. Et de nos jours encore, bien peu d’artistes se sont attaqués à ce sujet, en particulier au cachalot.

Pour être précis, il faut d’abord dire que j’ai réalisé une femelle et son petit de grand cachalot (Physeter macrocephalus ou Physeter catodon), bien différent du cachalot pygmée (Kogia breviceps) et du cachalot nain (Kogia simus), dont la longueur ne dépasse pas 4 mètres et qui ont davantage l’allure d’un requin. Physeter vient du mot grec Physo, qui signifie souffler.

Sculpture Colcombet cachalot et son petit

Le cachalot, qui fait partie de la famille des Odontocètes (baleines à dents), n’est pas le plus grand des mammifères marins, puisqu’un grand mâle mesure moins de 20 mètres de long et pèse moins de 60 tonnes (une femelle est plus petite) alors qu’une baleine bleue peut dépasser les 30 mètres et les 180 tonnes. Mais le cachalot est un étonnant phénomène ! Tout d’abord, il possède un profil vraiment curieux, avec son énorme tête rectangulaire qui représente un tiers à un quart du corps. Elle contient une énorme quantité (jusqu’à une tonne !) d’une matière visqueuse, le spermaceti, dont on ne connaît pas exactement la fonction. Le spermaceti pourrait jouer un rôle soit dans la plongée en eau profonde, soit dans l’écholocation des proies. Le cachalot possède aussi le plus gros cerveau du règne animal : 8 kg. Son corps est marquée de profondes stries, ce qui lui donne un aspect un peu fripé, mais aussi de cicatrices venant des combats entre mâles, des ventouses et becs des calmars géants ou encore des parasites dont le squalelet féroce, sorte de petit requin qui découpe des rondelles de chair dans le corps des mammifères marins. La nageoire dorsale des cachalots est petite, triangulaire et située très en arrière. Elle se prolonge jusqu’à la queue par une série de bosses.

Sculpture Colcombet cachalot et son petit

Le cachalot est un champion de plongée en grande profondeur : sortant de l’eau sa large queue, il peut descendre verticalement jusqu’à 2000 mètres de profondeur, dans la nuit abyssale où il est soumis à une énorme pression. Son organisme est adapté à cette performance, qui peut durer 90 minutes (rappelons que le cachalot n’est pas un poisson et qu’il doit donc respirer en surface) : sa cage thoracique, son sang, son cerveau, son sonar lui permettent de réaliser de telles prouesses et de trouver en grande profondeur des calmars géants dont il se nourrit. La mandibule inférieure de ces géants est curieusement étroite et garnie de 40 à 50 grosses dents de près d’un kilo chacune.

Une autre particularité assez rare chez les mammifères : le cachalot est un animal dissymétrique. En effet, il ne possède qu’un seul évent (une narine), toujours située sur le côté gauche, au bout du crâne. Son souffle est facilement reconnaissable car il est incliné à environ 45 degrés.

C’est ce souffle qui permettait aux hommes de repérer les cachalots et de les attaquer au harpon afin d’en extraire l’huile, de très grande qualité, le spermaceti et aussi l’ambre gris, concrétion que l’on trouve parfois dans l’estomac de ces mammifères marins, et qui est utilisée en parfumerie. La chasse aux cachalots a connu son plein essor au XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle, puis elle a fortement décliné avant de reprendre dans les années 1940, notamment de la part de l’Allemagne. La Commission baleinière internationale a définitivement protégé le cachalot en 1985. On peut toutefois encore voir des vidéos de chasse au cachalot par exemple ici : https://www.youtube.com/watch?v=P1IEnS3ZFcg

Sculpture Colcombet cachalot et son petit

Malgré la chasse intensive qui leur a été faite, les effectifs des cachalots sont encore importants : autour de 350 000 individus, présents dans toutes les mers du globe ou presque, à condition qu’il y ait une grande profondeur. Les femelles préfèrent les eaux chaudes, tropicales, alors que les mâles n’hésitent pas à entreprendre de grandes migrations entre ces groupes de femelles et les eaux polaires.

Et pour terminer, une histoire étonnante : en 1820, en plein océan Pacifique, le navire baleinier L’Essex a été attaqué à deux reprises par un très grand cachalot, qui, à coups de tête dans la coque, a réussi à couler le bateau. Les marins ont pu s’échapper sur des chaloupes mais, manquant de vivres et d’eau, la plupart sont morts en mer. Plusieurs ont été mangés par les survivants et même, événement terrible, l’un des marins vivants a été tiré au sort pour être tué et servir de repas aux autres. Sur les 21 hommes de l’équipage de l’Essex, seuls 5 ont survécu.

Sculpture Colcombet cachalot et son petit

Pour admirer ces splendides créatures que sont les cachalots, je vous conseille de regarder cette vidéo réalisée près de l’île Maurice : https://www.youtube.com/watch?v=fXpt7rZg-lk

Enfin, je m’en voudrais de ne pas signaler le très étonnant faux cachalot que le collectif belge « Captain Boomer » place à des endroits incongrus comme le quai de la Vilaine à Rennes, de la Tamise à Londres, de la Seine à Paris, etc. Il s’agit d’une oeuvre d’un réalisme saisissant (avec même les odeurs !), accompagnée d’artistes jouant le rôle de scientifiques : https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/rennes-un-faux-cachalot-s-echoue-sur-les-rives-du-fleuve-vilaine-7783927199